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Agression · CIVI · FGTI · Partie civile

Avocat victime d’agression à Marseille — CIVI et indemnisation

Après une agression, une indemnisation peut rester possible même si l’auteur est inconnu, insolvable, non encore jugé ou si la plainte a été classée sans suite. Selon les faits et la gravité du dommage, la CIVI peut être saisie afin qu’une réparation soit versée par le FGTI : cette démarche est distincte du seul recouvrement d’une condamnation contre l’agresseur.

Rédigé par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011 · Mis à jour le

Victime d’une infraction

Après une agression : protéger vos droits pénaux et votre indemnisation

Une agression bouleverse souvent plusieurs dimensions de la vie en même temps : santé, sécurité, travail, famille et ressources. La procédure pénale doit rechercher et juger l’auteur. Mais elle ne suffit pas toujours à obtenir rapidement la réparation complète des blessures physiques et psychiques. Il faut donc construire, dès le départ, un dossier de victime et choisir la bonne voie d’indemnisation.

Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille intervenant exclusivement pour les victimes, accompagne les personnes agressées dans les Bouches-du-Rhône et en région PACA : dépôt et suivi de plainte, constitution de partie civile, saisine de la CIVI, discussion avec le FGTI, expertise médicale et chiffrage de chaque préjudice.

En bref

  • Un auteur inconnu ou insolvable n’exclut pas une indemnisation.
  • La CIVI peut intervenir sans condamnation, mais l’existence d’une infraction et les conditions légales doivent être établies.
  • Les séquelles psychologiques comptent autant que les lésions physiques si elles sont documentées.
  • Les délais sont stricts : en principe trois ans après les faits ou un an après la décision pénale définitive, sous réserve des possibilités de relevé de forclusion.
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Urgence et preuves

Que faire dans les premières heures après une agression ?

La priorité est votre mise en sécurité. En cas de danger immédiat, appelez le 17 ou le 112. Consultez rapidement un médecin, les urgences ou une unité médico-judiciaire lorsqu’une orientation vous est proposée. Certaines lésions et certains symptômes psychotraumatiques n’apparaissent qu’après quelques heures ou quelques jours : ils doivent néanmoins être signalés et suivis.

Faire constater les blessures

Demandez un certificat médical initial décrivant précisément les douleurs, lésions, soins, limitations et retentissements psychiques. Conservez ordonnances, arrêts de travail, comptes rendus, factures et justificatifs de déplacement.

Porter plainte et relater les faits

Une plainte détaillée constitue une pièce majeure. Relisez-la avant de la signer et faites préciser les gestes, menaces, armes éventuelles, témoins, conséquences et éléments permettant d’identifier l’auteur.

Préserver les preuves

Photographies datées, vêtements, messages, enregistrements licites, coordonnées des témoins, vidéos de commerces ou de transports : agissez vite, car certains enregistrements sont effacés dans un délai court.

Le conseil de Maître Lionel SARFATI

Ne laissez pas le seuil de 1 % devenir un obstacle de preuve

Dans de nombreux dossiers, la difficulté n’est pas l’absence de séquelle, mais l’absence de document médical qui affirme clairement son caractère permanent. Si les pièces ne rendent pas l’incapacité évidente, je conseille de faire analyser rapidement le dossier par un médecin-conseil de victime. Il pourra émettre un avis médical motivé concluant que les éléments sont compatibles avec au moins 1 % d’incapacité permanente et soutenir la demande d’expertise. Cet avis est une pièce de discussion : il ne lie ni le FGTI, ni la CIVI, ni l’expert.

Un taux de 1 % peut ouvrir la réparation intégrale ; une séquelle non prouvée ne le peut pas.

Checklist à conserver après une agression

  • copie de la plainte, récépissé et éventuel complément de plainte ;
  • certificat médical initial, dossier des urgences et examens ;
  • photographies datées, vêtements et coordonnées des témoins ;
  • messages, menaces, références des vidéos et démarches pour les préserver ;
  • arrêts de travail, bulletins de salaire et justificatifs des pertes ;
  • ordonnances, factures, transports, aide apportée par les proches ;
  • preuves du suivi psychologique ou psychiatrique ;
  • courriers du parquet, convocations et décision pénale.

ITT pénale et arrêt de travail : deux notions différentes

L’incapacité totale de travail au sens pénal apprécie la gêne dans les actes usuels de la vie. Elle ne correspond ni automatiquement à un arrêt professionnel, ni à un taux de séquelles définitives. Une victime sans emploi, retraitée ou enfant peut donc avoir une ITT pénale. Inversement, sa durée ne fixe pas à elle seule le montant de l’indemnisation.

Si l’agression a eu lieu au travail

Informez rapidement l’employeur afin d’examiner une déclaration d’accident du travail. Cette protection sociale peut se cumuler avec d’autres démarches, sous réserve de la coordination des prestations et de l’interdiction d’une double indemnisation du même préjudice.

Deux parcours complémentaires

Procès pénal et réparation du dommage corporel : ne pas les confondre

La plainte déclenche ou alimente l’enquête. Si l’auteur est poursuivi, la victime peut se constituer partie civile afin d’accéder à la procédure, faire reconnaître son statut et demander réparation. Selon la qualification et la gravité des faits, l’affaire peut relever de juridictions différentes. Le rôle de l’avocat est aussi de veiller à ce que les demandes civiles ne soient pas réduites à une somme globale insuffisamment justifiée.

Une condamnation est une preuve particulièrement forte, mais la CIVI possède une mission propre. Elle peut reconnaître le caractère matériel d’une infraction même lorsque l’auteur demeure inconnu ou qu’aucun procès pénal n’a encore abouti. Cela ne signifie pas que toute plainte classée sans suite ouvre automatiquement droit à réparation : les faits, leur qualification, le lien avec les dommages et les conditions prévues par le Code de procédure pénale doivent être démontrés.

Pourquoi ne pas attendre la fin du procès ?

Attendre peut faire perdre des preuves, retarder une expertise ou exposer la victime à un délai de saisine. Selon le dossier, une demande de provision et une expertise peuvent être engagées avant la consolidation et sans attendre le jugement définitif de l’auteur.

Auteur inconnu

Une plainte contre X et l’absence d’identification de l’agresseur n’interdisent pas, à elles seules, de saisir la CIVI. La difficulté se déplace vers la preuve : la victime doit réunir des éléments permettant d’établir des faits présentant le caractère matériel d’une infraction, le dommage et leur lien de causalité. Certificats médicaux, témoignages, vidéos, photographies, messages et pièces de l’enquête peuvent alors devenir déterminants.

Auteur identifié mais insolvable

La solvabilité de l’auteur n’est pas une condition générale de l’article 706-3. Lorsque la CIVI reconnaît le droit à indemnisation, le FGTI verse les sommes mises à sa charge puis peut exercer son recours contre le responsable. La victime n’a donc pas nécessairement à supporter seule le risque d’insolvabilité de l’agresseur.

Auteur identifié mais pas encore jugé

La saisine de la CIVI n’est pas systématiquement subordonnée à une condamnation pénale préalable. L’article 706-7 permet même à la commission de statuer avant la décision sur l’action publique. Elle peut toutefois surseoir à statuer lorsqu’une question pénale doit être éclaircie et doit le faire si la victime le demande. La stratégie dépend donc des preuves disponibles, du délai et de l’intérêt à solliciter sans attendre une expertise ou une provision.

Plainte classée sans suite

Un classement sans suite est une décision du parquet de ne pas poursuivre à ce stade ; ce n’est pas, par lui-même, un jugement affirmant que l’infraction n’a pas existé. Une demande CIVI peut donc rester envisageable, mais le motif du classement doit être étudié. Un classement pour infraction insuffisamment caractérisée impose notamment de consolider les preuves au lieu de présenter la plainte comme suffisante à elle seule.

Procédure pénale en cours ou irresponsabilité pénale

Une enquête, une instruction ou une audience à venir n’oblige pas toujours à différer toute démarche indemnitaire. De même, l’irresponsabilité pénale de l’auteur ne fait pas nécessairement disparaître le caractère matériel des faits. Dans chaque cas, il faut coordonner les deux procédures pour éviter des positions contradictoires et préserver l’accès aux pièces pénales.

CIVI et FGTI

Qui peut être indemnisé par la CIVI après une agression ?

La Commission d’indemnisation des victimes d’infractions est une juridiction civile instituée dans le ressort de chaque tribunal judiciaire. Elle examine les demandes relevant des articles 706-3 et suivants du Code de procédure pénale. Le FGTI n’est pas la CIVI : il reçoit la demande transmise par le greffe, peut formuler une offre, verse l’indemnité convenue ou accordée et peut ensuite exercer un recours contre l’auteur.

Article 706-3 : les conditions à examiner séparément

La réparation intégrale suppose d’abord des faits, volontaires ou non, qui présentent le caractère matériel d’une infraction et ont causé une atteinte à la personne. Il n’est pas toujours nécessaire que l’auteur ait été condamné, mais il faut prouver les faits, le dommage et le lien entre eux. Le texte écarte en outre plusieurs dommages relevant de régimes spéciaux, notamment la loi du 5 juillet 1985 pour les accidents de la circulation, l’amiante, le terrorisme et certains accidents de chasse.

Il faut ensuite que les faits aient entraîné la mort, une incapacité permanente ou une incapacité totale de travail personnel d’au moins un mois, sauf lorsqu’ils relèvent d’une catégorie expressément visée par le texte. Celui-ci prévoit notamment un accès particulier pour plusieurs infractions sexuelles, la traite des êtres humains, la réduction en esclavage, le proxénétisme et certaines atteintes sexuelles sur mineur. La qualification pénale exacte compte : une simple étiquette comme « agression » ne suffit pas à déterminer le régime.

Enfin, la personne lésée doit être française ou les faits doivent avoir été commis en France. Une agression à l’étranger n’exclut donc pas toute demande pour une victime française, mais impose une analyse spécifique des pièces, de la compétence et des autres indemnisations éventuellement reçues.

Le point décisif : prouver une incapacité permanente, même faible

Une incapacité permanente, même évaluée à seulement 1 %, peut ouvrir la voie à la réparation intégrale prévue par l’article 706-3. Encore faut-il prouver qu’elle existe : la seule affirmation de la victime, la gravité ressentie ou le certificat médical initial ne suffisent pas toujours.

Lorsque le dossier médical révèle à l’évidence des séquelles durables, les pièces peuvent déjà caractériser cette condition. Si ce n’est pas évident, un médecin — idéalement un médecin-conseil de victime — peut émettre un avis motivé concluant que les éléments médicaux sont compatibles avec au moins 1 % d’incapacité permanente. Cet avis peut soutenir la recevabilité et une demande d’expertise, mais il ne lie ni le FGTI, ni la CIVI, ni l’expert désigné.

L’incapacité permanente ne signifie pas nécessairement handicap lourd. Une douleur persistante, une limitation fonctionnelle, une séquelle ORL, esthétique ou un trouble psychique durable peut justifier un taux, sous réserve d’une constatation médicale et d’un lien avec l’agression. Il faut distinguer cette incapacité permanente de l’ITT pénale inscrite sur le certificat initial.

Les autres portes d’entrée de l’article 706-3

Le texte vise aussi la mort ou une incapacité totale de travail personnel égale ou supérieure à un mois. Certaines infractions expressément énumérées — notamment de nature sexuelle — ainsi que certaines violences commises sur un mineur ou par un conjoint, partenaire ou ancien partenaire relèvent de règles particulières. Pour cette dernière catégorie et lorsque l’ITT est inférieure à un mois, le plafond réglementaire est actuellement fixé à 5 000 €. Le seuil d’un mois d’ITT ou la preuve d’une incapacité permanente ne doivent donc jamais être examinés isolément. La qualification, la date et le lieu des faits ainsi que la nationalité doivent être vérifiés.

Source officielle : article 706-3 du Code de procédure pénale, version en vigueur.

Les atteintes ne remplissant pas ces critères : article 706-14

L’article 706-14 organise un régime subsidiaire et plafonné. Pour une atteinte à la personne qui n’ouvre pas la réparation intégrale de l’article 706-3, il exige notamment que les faits aient entraîné une incapacité totale de travail. La victime doit également ne pas pouvoir obtenir, à un autre titre, une réparation effective et suffisante, disposer de ressources inférieures au plafond légal de l’aide juridictionnelle partielle et se trouver, du fait de l’infraction, dans une situation matérielle ou psychologique grave.

Le même article couvre aussi une liste déterminée d’atteintes aux biens, sous conditions. Son indemnité est limitée par la loi à trois fois le montant mensuel du plafond de ressources applicable. Comme ce plafond évolue, le montant exact doit être vérifié à la date de la demande. Il ne faut donc ni confondre ce régime avec la réparation intégrale, ni conclure qu’une ITT inférieure à un mois ferme nécessairement toute voie.

Source officielle : article 706-14 du Code de procédure pénale.

Le comportement de la victime peut-il réduire l’indemnisation ?

La CIVI peut refuser ou réduire la réparation lorsque la faute de la victime a concouru à son dommage. Ce débat est distinct de la simple absence de condamnation de l’auteur. Il doit être traité à partir des circonstances précises, sans accepter une présentation partielle des faits.

Quel délai pour saisir la CIVI ?

À peine de forclusion, la demande doit en principe être présentée dans les trois ans à compter de l’infraction. Lorsque des poursuites pénales sont exercées, ce délai est prorogé et n’expire qu’un an après la décision ayant statué définitivement sur l’action publique ou sur l’action civile devant la juridiction pénale. Pour une infraction commise contre un mineur, le texte applicable aux faits commis depuis le 22 novembre 2023 prévoit que le délai ne court qu’à compter de sa majorité.

La commission relève la victime de la forclusion lorsque l’information légale sur la CIVI ne lui a pas été donnée, lorsqu’elle n’a pas été en mesure d’agir à temps, en cas d’aggravation du préjudice ou pour tout autre motif légitime. Ce mécanisme ne doit pas devenir une stratégie d’attente : les dates et la version du texte applicable doivent être contrôlées dès le premier rendez-vous.

Quelle CIVI est compétente pour une victime à Marseille ?

La victime peut en principe saisir la CIVI de son domicile ou celle du tribunal pénal chargé de l’infraction ; la commission déjà saisie par une autre victime des mêmes faits peut également être compétente. Pour une personne domiciliée à Marseille, la CIVI du tribunal judiciaire de Marseille est donc fréquemment compétente, sans que le lieu de l’agression soit l’unique critère. Une victime française résidant à l’étranger et agressée à l’étranger relève, dans les conditions prévues, de la CIVI du tribunal judiciaire de Paris.

Comment se déroule la procédure ?

1

Étude de recevabilité

Analyse des faits, du dommage, des délais, de la qualité de la victime et de la voie d’indemnisation réellement ouverte.

2

Saisine documentée

Dépôt de la requête avec les pièces pénales, médicales, professionnelles et financières utiles ; demande de provision ou d’expertise si nécessaire.

3

Phase amiable avec le FGTI

Le Fonds examine le dossier et peut formuler une offre. Une proposition ne doit être acceptée qu’après vérification de tous les postes de préjudice.

4

Accord ou décision

L’accord est homologué. En cas de désaccord sur la recevabilité ou le montant, le dossier est soutenu devant la commission.

Peut-on obtenir une provision avant l’indemnisation définitive ?

Oui, selon l’état du dossier, mais elle n’est jamais automatique. Une provision est une avance sur l’indemnisation finale : elle peut financer des pertes de revenus, une aide humaine, des soins ou d’autres besoins avant la consolidation. Lorsque le préjudice n’est pas encore liquidable et que le FGTI ne conteste pas le droit à indemnisation, il peut verser une provision au cours de la procédure. Le président de la CIVI peut également accorder une ou plusieurs provisions lorsque le droit à indemnisation n’est pas sérieusement contestable ; l’article 706-6 prévoit qu’il statue dans le mois de la demande. Voir aussi le guide consacré à la provision avant consolidation.

Quel délai le FGTI a-t-il pour répondre ?

Le greffe transmet sans délai la requête et ses justificatifs au FGTI. L’article 706-5-1 prévoit qu’il présente une offre dans les deux mois de leur réception, ou motive son refus. Si la victime accepte, l’accord est transmis au président de la CIVI pour homologation. En cas de refus du Fonds ou de désaccord sur l’offre, l’instruction se poursuit devant la commission. Le délai de deux mois de cette phase amiable ne signifie pas que tout dossier complexe, notamment lorsqu’une expertise est nécessaire, sera définitivement liquidé en deux mois.

Textes officiels : article 706-5, article 706-6 et article 706-5-1 du Code de procédure pénale.

Choisir le bon dispositif

CIVI, FGTI et SARVI : quelles différences ?

CIVI

C’est la commission juridictionnelle saisie par la victime lorsqu’elle remplit les critères légaux. Elle statue sur le droit et le montant de l’indemnisation.

FGTI

Le Fonds intervient devant la CIVI et verse l’indemnisation accordée. Il peut ensuite exercer un recours contre l’auteur.

SARVI

Ce service aide au recouvrement de dommages-intérêts déjà accordés par une décision pénale définitive lorsque le condamné ne paie pas. Il obéit à ses propres conditions et délais.

Le SARVI n’est donc ni une « petite CIVI » ni une solution fondée seulement sur le montant du dommage. Il suppose notamment une décision pénale exécutoire accordant des dommages-intérêts et l’absence de paiement volontaire. La voie choisie influence les pièces à produire, les délais et la stratégie : une vérification individualisée évite une saisine inadaptée.

Situations accompagnées

Quelles agressions peuvent donner lieu à indemnisation ?

Coups et violences volontaires

Fractures, plaies, traumatisme crânien, atteintes dentaires, ORL ou douleurs persistantes, même lorsque l’auteur conteste les faits.

Violences sexuelles

Accompagnement confidentiel, respectueux du rythme de la victime, avec une attention particulière au psychotraumatisme et à ses conséquences durables.

Violences conjugales ou intrafamiliales

Les mesures de protection et la sécurité immédiate priment. Le dossier indemnitaire doit être coordonné avec les procédures pénales et familiales.

Vol avec violence

Les lésions, la peur, les troubles anxieux et les pertes économiques doivent être distingués et justifiés ; les conditions diffèrent pour les seuls dommages aux biens.

Agression au travail

La CIVI peut s’articuler avec la législation professionnelle et, selon les faits, avec la responsabilité d’un tiers ou une faute inexcusable.

Véhicule utilisé volontairement

Lorsqu’un véhicule devient l’instrument volontaire d’une agression, la qualification et le fonds compétent doivent être étudiés avec soin.

Proches d’une victime décédée ou gravement blessée

Les proches peuvent subir leurs propres préjudices : frais d’obsèques, pertes de revenus, préjudice d’affection, accompagnement, bouleversement des conditions d’existence ou souffrance liée à la vue de l’état de la victime. Ces postes doivent être réclamés en leur nom et documentés séparément.

Situations sensibles

Mineur, violences conjugales, altercation : les questions qui changent le dossier

Lorsque la victime est mineure

Les représentants légaux accomplissent généralement les démarches au nom de l’enfant, avec des adaptations en cas de conflit d’intérêts. La minorité, la nature de l’infraction et la date à laquelle les faits ont été révélés peuvent avoir des conséquences importantes sur les prescriptions pénales et les recours. Il faut conserver le dossier médical et psychologique sur la durée : certaines séquelles ne se révèlent pleinement qu’au cours du développement.

Violences du conjoint, de l’ancien conjoint ou sur un mineur

L’article 706-3 prévoit, pour les faits commis depuis le 22 novembre 2023, des règles particulières pour certaines violences visées par le Code pénal lorsqu’elles sont commises sur un mineur ou par un conjoint, concubin, partenaire de PACS ou ancien partenaire. Lorsque l’ITT est inférieure à un mois, l’indemnisation accordée au titre de cette branche spécifique est plafonnée à 5 000 € par l’arrêté du 28 novembre 2024. La qualification pénale exacte et la date des faits doivent donc être vérifiées. Consulter le texte officiel.

Provocation, altercation réciproque ou légitime défense invoquée

Le fait que l’agresseur présente les faits comme une altercation ne suffit pas à supprimer les droits de la victime. En revanche, la CIVI peut réduire ou refuser la réparation si une faute de la victime a contribué au dommage. Vidéos, témoignages, chronologie des coups, disproportion de la riposte et certificats médicaux deviennent alors essentiels. La légitime défense alléguée doit être appréciée selon ses conditions légales, et non sur la seule version de l’auteur.

Classement sans suite, non-lieu, relaxe ou acquittement

Ces décisions ne sont pas synonymes. Le classement est une décision du parquet qui peut reposer sur des motifs variés ; le non-lieu intervient à l’issue d’une instruction ; la relaxe concerne un délit et l’acquittement un crime. Leur portée devant la CIVI dépend notamment de leurs motifs et de ce qui a été définitivement jugé. Aucune formule générale ne remplace l’étude de la décision et du dossier pénal.

Aggravation après une première indemnisation

Une aggravation médicalement constatée, distincte de l’évolution prévisible déjà indemnisée, peut justifier une nouvelle demande. Il faut comparer l’état retenu lors de la précédente consolidation avec les nouveaux symptômes, soins et limitations, puis vérifier le délai propre à l’action en aggravation.

Dommage corporel

L’expertise médicale après une agression

L’expertise est souvent le moment décisif du dossier. L’expert ne se contente pas d’énumérer les diagnostics : il doit relier les séquelles à l’agression, retracer les soins, apprécier la consolidation et évaluer les conséquences temporaires et définitives. Une victime peut être assistée par un médecin-conseil indépendant et par son avocat.

Le traumatisme psychologique ne doit pas être invisible

Anxiété, troubles du sommeil, peur, évitement, hypervigilance ou symptômes évocateurs d’un stress post-traumatique peuvent persister alors que les lésions visibles ont guéri. La page n’a pas vocation à poser un diagnostic : lorsque ces troubles existent, ils doivent être décrits au médecin et documentés par un suivi adapté. Leur retentissement social, professionnel et familial doit également être expliqué à partir de faits concrets. Un avis psychiatrique peut être nécessaire pour aider l’expert à apprécier leur nature, leur imputabilité et leur durée.

Quels préjudices peuvent être réparés ?

Selon la nomenclature Dintilhac, l’évaluation peut porter, avant consolidation, sur les dépenses de santé, les pertes de gains professionnels actuels, le besoin d’aide humaine, le déficit fonctionnel temporaire, les souffrances endurées et le préjudice esthétique temporaire. Après consolidation, elle peut notamment concerner le déficit fonctionnel permanent, les frais futurs, la tierce personne permanente, les pertes de gains futurs, l’incidence professionnelle et les préjudices d’agrément, esthétique ou sexuel. Cette présentation n’est pas une liste automatique : chaque poste doit correspondre à une conséquence réelle, imputable et prouvée. Le guide « Votre indemnisation » détaille les critères utiles sans promettre un montant automatique.

L’expertise transforme donc les symptômes et les difficultés vécues en constatations médico-légales qui serviront au chiffrage. Une omission dans la mission, un antécédent mal analysé ou un besoin d’aide humaine insuffisamment décrit peut affecter durablement l’offre finale. La préparation avec l’avocat et, selon le dossier, l’assistance d’un médecin-conseil de victime permettent de présenter les doléances, les pièces et les conséquences quotidiennes de façon complète et cohérente.

Avant l’expertise

Préparez une chronologie des symptômes et soins, les dossiers médicaux antérieurs utiles, les justificatifs professionnels et une description concrète de ce que vous ne pouvez plus faire. Ne minimisez pas les troubles par pudeur, mais n’exagérez pas : la cohérence du récit avec les pièces est essentielle.

Dossiers traités par le cabinet

Indemnisations obtenues pour des victimes d’agression

Ces dossiers anonymisés montrent l’importance d’une expertise complète, notamment lorsque l’auteur est inconnu ou lorsque les séquelles psychiques occupent une place centrale.

SituationPoint déterminantRésultat obtenu
Automobiliste ayant volontairement percuté un scootéristePréjudice psychiatrique objectivé par un sapiteur30 031,50 €
Fractures du massif facialExpertises ORL et psychiatrique en deux temps23 138,16 €
Fractures de la main après des coupsSéquelles orthopédiques et stress post-traumatique11 944,35 €
Coups commis par un auteur jamais identifiéIndemnisation FGTI malgré l’auteur inconnu8 090,30 €
Morsure causée par un chien dangereuxIndemnisation obtenue auprès du FGTI par la CIVI13 031,25 €

Les résultats passés dépendent des faits, des preuves et des préjudices propres à chaque victime ; ils ne garantissent pas un résultat identique. Voir tous les dossiers anonymisés.

Accompagnement

Le rôle de votre avocat après une agression

La défense d’une victime ne se limite pas à l’audience pénale. Maître Lionel SARFATI organise les preuves, échange avec les enquêteurs et juridictions lorsque cela est utile, prépare la constitution de partie civile, saisit le dispositif d’indemnisation adapté, demande une provision, prépare l’expertise avec un médecin-conseil et chiffre les préjudices poste par poste.

Le cabinet défend exclusivement les victimes et ne représente ni les auteurs dans leurs dossiers ni les compagnies d’assurances. Cette orientation permet de concentrer la pratique sur la réparation du dommage corporel et la relation entre droit pénal, médecine légale et indemnisation.

Le premier rendez-vous

Apportez si possible votre plainte, certificat médical initial, documents des urgences, arrêts de travail, photographies, courriers de la juridiction, coordonnées de témoins et justificatifs de dépenses ou de pertes de revenus. Si certaines pièces manquent, le rendez-vous reste utile pour sécuriser les prochaines étapes.

Les honoraires sont fixés par une convention écrite. La protection juridique et l’aide juridictionnelle peuvent, selon les contrats et les ressources, participer aux frais. Consultez la page honoraires du cabinet.

Ce que le cabinet vérifie lors de la première évaluation

  • la matérialité de l’infraction et les preuves disponibles ;
  • le délai de saisine de la CIVI ;
  • l’existence documentée d’une incapacité permanente, même faible, ou d’une autre condition de l’article 706-3 ;
  • la nécessité d’une expertise et l’opportunité d’une provision ;
  • la coordination entre procès pénal, CIVI, FGTI, SARVI et éventuels organismes sociaux.

Première évaluation gratuite et confidentielle du dossier. Apportez si possible votre plainte et vos documents médicaux.

Votre situation précise

Violences intrafamiliales et infractions sexuelles

Ces situations nécessitent un accompagnement protecteur, une expertise psychotraumatique adaptée et une analyse précise des conditions de la CIVI.

Violences conjugales

Protection, preuve, procédure pénale et indemnisation CIVI.

Agression sexuelle et viol

Psychotraumatisme, auteur inconnu et victime mineure.

Procédure devant la CIVI

Conditions générales, FGTI, délai, provision et offre.

Questions fréquentes

FAQ — Avocat, agression, CIVI et indemnisation

Puis-je être indemnisé si mon agresseur n’a jamais été identifié ?

Oui, une saisine de la CIVI peut être possible si l’infraction et les conditions légales sont établies. L’absence d’auteur identifié n’interdit pas, à elle seule, une indemnisation par le FGTI.

Une condamnation pénale est-elle obligatoire pour saisir la CIVI ?

Non. La CIVI peut apprécier elle-même la matérialité d’une infraction. La victime doit toutefois apporter des éléments suffisamment probants ; une plainte ou un certificat médical isolé ne garantit pas automatiquement la recevabilité.

Faut-il porter plainte après une agression ?

Le dépôt de plainte est fortement recommandé : il permet de relater rapidement les faits, d’identifier les preuves et d’engager l’enquête. Même si une condamnation n’est pas toujours exigée devant la CIVI, l’existence de l’infraction doit être démontrée.

Quel est le délai pour saisir la CIVI ?

En principe, trois ans à compter des faits ou un an à compter de la décision pénale définitive. Un relevé de forclusion peut être admis dans certaines circonstances, mais il ne faut pas attendre pour faire vérifier le délai.

Que se passe-t-il si ma plainte est classée sans suite ?

Le classement ne ferme pas automatiquement la CIVI, mais il peut révéler une difficulté de preuve. Il faut analyser le motif du classement et réunir les éléments permettant d’établir l’infraction et son lien avec les dommages.

Le préjudice psychologique est-il indemnisable sans fracture ?

Oui. Un stress post-traumatique ou d’autres troubles psychiques peuvent constituer un dommage corporel autonome s’ils sont médicalement constatés et imputables à l’agression.

Puis-je obtenir une provision avant la fin du dossier ?

Une provision peut être demandée lorsque le droit à indemnisation n’est pas sérieusement contestable et que l’état de la victime ou les pièces le justifient. Elle n’est pas automatique.

Quelle différence entre l’ITT pénale et l’arrêt de travail ?

L’ITT pénale mesure la gêne dans les actes courants ; l’arrêt de travail concerne l’activité professionnelle. Les deux durées peuvent être différentes et aucune ne fixe à elle seule l’indemnisation finale.

La CIVI indemnise-t-elle toujours intégralement ?

Le régime de l’article 706-3 peut ouvrir droit à une réparation intégrale, mais seulement si ses conditions sont remplies. D’autres demandes, notamment sous l’article 706-14, sont plafonnées et soumises à des conditions supplémentaires.

Quand faut-il saisir le SARVI ?

Le SARVI intervient après une décision pénale définitive accordant des dommages-intérêts, lorsque le condamné ne paie pas et que les conditions du service sont remplies. Il ne remplace pas la CIVI.

Une agression au travail peut-elle être un accident du travail ?

Oui, lorsqu’elle survient par le fait ou à l’occasion du travail. La déclaration professionnelle doit être examinée parallèlement aux recours contre l’auteur et, le cas échéant, à la CIVI.

Dois-je accepter l’offre du FGTI ?

Non sans vérifier l’expertise et chaque poste de préjudice. Une offre peut omettre une conséquence professionnelle, une aide humaine, un préjudice psychique ou une dépense future.

Qui paie si l’agresseur est insolvable ?

Lorsque la CIVI accorde une indemnisation, le FGTI la verse dans les conditions fixées. Il peut ensuite exercer son recours contre l’auteur. Dans d’autres dossiers, le SARVI peut aider au recouvrement d’une condamnation impayée.

Les proches peuvent-ils être indemnisés ?

Oui, en cas de décès ou d’atteinte grave, les proches peuvent invoquer leurs propres préjudices, notamment d’affection, économiques ou d’accompagnement, à condition de les justifier.

Combien coûte un avocat pour une victime d’agression à Marseille ?

Le premier échange d’évaluation est gratuit. Les modalités sont ensuite définies dans une convention écrite ; une protection juridique ou l’aide juridictionnelle peut parfois intervenir.

Un taux d’incapacité permanente de 1 % suffit-il devant la CIVI ?

Oui, l’article 706-3 ne fixe pas de taux minimal d’incapacité permanente. Même 1 % peut donc satisfaire cette condition, mais son existence et son lien avec l’agression doivent être médicalement établis.

Comment prouver au moins 1 % d’incapacité permanente ?

La preuve peut ressortir d’un dossier médical manifestement grave. Si elle n’est pas évidente, un médecin-conseil de victime peut émettre un avis motivé concluant que les éléments sont compatibles avec au moins 1 %. Cet avis soutient la demande d’expertise, mais ne lie ni le FGTI, ni la CIVI, ni l’expert.

Que faire si l’auteur prétend qu’il s’agissait d’une altercation ?

Il faut préserver les preuves permettant de reconstituer la chronologie et la proportion des gestes. Une faute de la victime peut affecter l’indemnisation, mais la seule version de l’auteur ne suffit pas à l’établir.

Une aggravation peut-elle être indemnisée après la clôture du dossier ?

Oui, si une aggravation nouvelle, médicalement constatée et imputable à l’agression est démontrée. Elle doit être distinguée de l’état déjà évalué et faire l’objet d’une demande documentée.

Les règles sont-elles différentes pour une victime mineure ?

Oui. La représentation du mineur, les qualifications pénales et les délais exigent une analyse particulière. Les pièces médicales doivent être conservées, car certaines conséquences apparaissent avec le développement de l’enfant.

Vous avez été victime d’une agression ?

Exposez confidentiellement votre situation à Maître Lionel SARFATI et vérifiez la procédure adaptée avant l’expiration des délais.

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