Guide de référence · Poste de préjudice

Souffrances endurées : quantum doloris, cotation de 1 à 7 et indemnisation

Par Maître Lionel SARFATI, Avocat au Barreau de Marseille · Publié le · Mis à jour le · Lecture : 14 min

Les souffrances endurées correspondent à l’ensemble des souffrances physiques et psychiques, ainsi que des troubles associés, supportés par la victime pendant la maladie traumatique, du jour de l’accident jusqu’à la consolidation. Leur importance est appréciée par l’expert au moyen du quantum doloris, généralement coté de 1 à 7. Après la consolidation, commence la période des séquelles permanentes : les conséquences durables relèvent alors des postes permanents pertinents, notamment du déficit fonctionnel permanent lorsqu’elles participent aux séquelles personnelles.

Que sont les souffrances endurées ?

Ce poste extrapatrimonial de la nomenclature Dintilhac indemnise les douleurs physiques, les souffrances psychiques et les troubles associés provoqués par le fait dommageable et ses suites avant la consolidation. Il tient notamment compte des blessures, opérations, hospitalisations, immobilisations, traitements, soins invasifs, séances de rééducation, complications, angoisses et troubles psychiques imputables. Il ne se confond ni avec le déficit fonctionnel temporaire, ni avec le préjudice esthétique, ni avec le déficit fonctionnel permanent.

Cette évaluation peut intervenir après un accident de la circulation, un accident médical, un accident du travail, une agression ou un accident de la vie, sous réserve des règles propres à chaque régime d’indemnisation.

Nomenclature Dintilhac — souffrances endurées Ce poste répare « toutes les souffrances physiques et psychiques, ainsi que les troubles associés, que doit endurer la victime durant la maladie traumatique, c'est-à-dire du jour de l'accident à celui de sa consolidation ».

Qu’est-ce que la maladie traumatique ?

La maladie traumatique est la période comprise entre l’accident — ou l’acte médical, l’agression ou tout autre fait générateur — et la consolidation. Pendant cette période, la victime traverse les soins et l’évolution de ses lésions : douleurs, interventions, hospitalisations, immobilisation, appareillage, rééducation, traitements antalgiques, complications et retentissement psychologique. Sa durée ne suffit pas, à elle seule, à déterminer la cotation : une période courte peut être très éprouvante, tandis qu’une période longue peut comporter des souffrances d’intensité variable.

La consolidation n’est pas nécessairement la guérison. Elle correspond au moment où l’état est considéré comme stabilisé et où d’éventuelles séquelles peuvent être évaluées. Elle constitue donc la frontière entre les préjudices temporaires et les préjudices permanents.

Qu’est-ce que le quantum doloris ?

Le quantum doloris est l’appréciation médico-légale de l’intensité globale des souffrances endurées pendant la maladie traumatique. L’expert la traduit habituellement sur une échelle de 1/7, très léger, à 7/7, très important. Cette note n’est ni un pourcentage d’incapacité ni un montant d’indemnisation : elle synthétise un parcours de soins et un vécu douloureux qui doivent être décrits et documentés.

2/7Léger — fracture simple, soins courts
4/7Moyen — chirurgie, rééducation prolongée
7/7Très important — polytraumatisme, brûlures, soins lourds

Quantum doloris ou pretium doloris : quelle différence ?

La nomenclature Dintilhac emploie la dénomination souffrances endurées. Le quantum doloris désigne plus précisément leur cotation médico-légale. L’expression traditionnelle pretium doloris, littéralement « prix de la douleur », reste utilisée par le public et dans certains écrits pour évoquer leur traduction indemnitaire, mais elle est moins précise lorsqu’il s’agit de nommer la note de 1 à 7.

Quel montant d’indemnisation pour des souffrances endurées de 1/7 à 7/7 ?

Il n’existe aucun barème légal imposant automatiquement une somme pour chaque degré. Les juridictions et les parties utilisent des référentiels et la jurisprudence comme points de comparaison, sous réserve des circonstances du dossier et du pouvoir d’appréciation du juge. Les fourchettes déjà utilisées sur le site peuvent être présentées ainsi :

Quantum dolorisQualificationOrdre de grandeur indicatif
1 à 2/7Très léger à légerEnviron 1 000 à 4 000 €
3/7ModéréEnviron 4 000 à 8 000 €
4/7MoyenEnviron 8 000 à 20 000 €
5 à 6/7Assez important à importantEnviron 20 000 à 50 000 €
7/7Très importantEnviron 50 000 à 80 000 €, parfois davantage dans des situations exceptionnelles

Ces montants sont de simples repères indicatifs issus de la pratique indemnitaire. Ils ne constituent ni un barème officiel ni une promesse de résultat ; les références retenues, la juridiction et les circonstances concrètes peuvent conduire à une appréciation différente.

Comment l’expert fixe-t-il le quantum doloris ?

L’expert apprécie globalement l’intensité et la durée des douleurs, le nombre et la nature des interventions, les hospitalisations, immobilisations, soins invasifs, traitements antalgiques, complications, séances de rééducation et troubles psychiques imputables. Il ne doit pas additionner mécaniquement des actes médicaux : il confronte la chronologie des soins, les pièces médicales et les doléances de la victime pour restituer l’ensemble de la maladie traumatique.

Qu’est-ce qui peut faire évoluer une cotation de 2/7 à 3/7 ou 4/7 ?

Une chirurgie, une hospitalisation prolongée, des douleurs persistantes avant consolidation, une rééducation longue, des gestes médicaux répétés, une complication ou des troubles psychiques temporaires médicalement documentés peuvent peser dans l’appréciation. Aucun de ces éléments n’entraîne cependant automatiquement le passage à un degré supérieur. Un écart d’un degré peut avoir une incidence indemnitaire importante, mais le montant dépend toujours des références retenues et des circonstances concrètes du dossier.

Quelle différence entre souffrances endurées et déficit fonctionnel permanent ?

Les souffrances endurées concernent la maladie traumatique avant consolidation. Le déficit fonctionnel permanent concerne, après consolidation, les atteintes permanentes à l’intégrité physique, psychique ou intellectuelle et leurs conséquences personnelles durables. Il ne se réduit donc pas aux seules douleurs persistantes : celles-ci peuvent en constituer une composante lorsqu’elles participent aux séquelles permanentes.

Exemple de la frontière de la consolidation

Une fracture nécessite une opération, plusieurs semaines d’immobilisation et une longue rééducation. Les douleurs, l’opération, les soins et la rééducation subis jusqu’à la consolidation relèvent des souffrances endurées. Après consolidation, une limitation durable de mobilité, des douleurs séquellaires ou d’autres atteintes permanentes sont appréciées dans les postes permanents correspondants, notamment le DFP lorsqu’elles relèvent de ce poste.

Quelle différence avec le préjudice esthétique ?

Les souffrances endurées réparent les douleurs physiques et psychiques de la maladie traumatique. Le préjudice esthétique répare l’altération de l’apparence : cicatrice, déformation, boiterie visible ou autre modification corporelle. Les deux postes peuvent coexister, mais ils ne réparent pas la même atteinte.

Comment prouver les souffrances endurées ?

La preuve repose d’abord sur une chronologie médicale complète : certificat médical initial, dossiers d’hospitalisation, comptes rendus opératoires, ordonnances et prescriptions antalgiques, examens, immobilisations, rééducation, complications et suivi psychologique ou psychiatrique lorsqu’il existe. Les doléances doivent compléter les documents médicaux en décrivant les nuits difficiles, les soins pénibles, les crises douloureuses ou l’angoisse, sans exagération ni omission.

Pourquoi l’expertise médicale est-elle déterminante ?

L’expertise médicale doit restituer la durée de la maladie traumatique, les soins, les interventions, les complications, le retentissement psychique et les éléments qui justifient la cotation. Elle fixe également la date de consolidation, frontière déterminante entre les souffrances temporaires et les séquelles permanentes. Une cotation insuffisamment motivée peut être discutée par des observations techniques et juridiques.

Quel est le rôle de l’avocat dans l’indemnisation des souffrances endurées ?

L’avocat reconstruit la chronologie de la maladie traumatique, rassemble les pièces, prépare la victime à l’expertise et vérifie que les souffrances physiques comme psychiques ont été prises en compte. Il contrôle la cohérence de la cotation, peut la discuter lorsqu’elle paraît insuffisamment justifiée, recherche des références indemnitaires pertinentes et vérifie l’offre de l’assureur. Il veille surtout à distinguer ce poste du déficit fonctionnel temporaire, du DFP, du préjudice esthétique et du préjudice d’agrément, afin de demander la réparation de chaque atteinte sans double indemnisation.

Questions fréquentes

Que sont les souffrances endurées ?

Ce poste indemnise les souffrances physiques et psychiques ainsi que les troubles associés supportés pendant la maladie traumatique, entre le fait dommageable et la consolidation.

Quelle période couvrent les souffrances endurées ?

Elles couvrent la période allant du jour de l’accident ou du fait générateur jusqu’à la date de consolidation. Après cette date, les conséquences permanentes sont évaluées dans les postes de préjudice permanents pertinents.

Qu’est-ce que le quantum doloris ?

Il s’agit de l’appréciation médico-légale de l’importance globale des souffrances endurées pendant la maladie traumatique, généralement exprimée par une cotation de 1 à 7.

Quelle différence entre quantum doloris et pretium doloris ?

Le quantum doloris désigne la cotation médico-légale des souffrances. Le pretium doloris est l’expression traditionnelle du « prix de la douleur ». La nomenclature Dintilhac privilégie la dénomination « souffrances endurées ».

Comment le quantum doloris est-il coté ?

L’expert utilise habituellement une échelle de 1/7, très léger, à 7/7, très important. Cette note résulte d’une appréciation globale des douleurs, soins, interventions, complications et souffrances psychiques.

Combien vaut un quantum doloris de 3/7 ?

Les repères utilisés sur cette page situent un degré 3/7 autour de 4 000 à 8 000 €, mais cette fourchette est seulement indicative. Il n’existe aucun barème légal ni montant automatique.

Une opération augmente-t-elle automatiquement la cotation ?

Non. Une intervention est un élément important, mais l’expert apprécie l’ensemble du parcours : nature de l’opération, douleurs, hospitalisation, complications, traitements et durée de la maladie traumatique.

Les souffrances psychiques sont-elles prises en compte ?

Oui, lorsqu’elles sont imputables au fait dommageable et suffisamment documentées. L’angoisse, les troubles du sommeil ou un stress post-traumatique peuvent participer à la cotation globale.

Que deviennent les douleurs après consolidation ?

Elles ne relèvent plus du poste temporaire des souffrances endurées. Lorsqu’elles participent à des séquelles personnelles permanentes, elles sont appréciées dans les postes permanents pertinents, notamment le déficit fonctionnel permanent.

Quelle différence entre souffrances endurées et DFP ?

Les souffrances endurées couvrent la maladie traumatique avant consolidation. Le déficit fonctionnel permanent indemnise, après consolidation, les atteintes permanentes à l’intégrité physique, psychique ou intellectuelle et leurs conséquences personnelles durables.

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Les souffrances physiques comme psychiques peuvent être indemnisées lorsqu’elles sont imputables au fait dommageable et correctement décrites. Maître Lionel SARFATI intervient pour les victimes, de la préparation de l'expertise à la discussion de l'indemnisation. Premier échange gratuit et sans engagement.

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