Maître Lionel SARFATI

Dommage corporel à Marseille
Défense exclusive des victimes

Tramway — Marseille et Pays d’Aubagne

Comment être indemnisé après un accident de tramway ?

Passager blessé dans une rame, piéton ou cycliste heurté, victime d’une chute sur le quai : une indemnisation peut être obtenue, mais le régime applicable dépend notamment de l’endroit exact de l’accident et du caractère propre ou partagé de la voie. Voici qui saisir, quelles preuves conserver et comment défendre vos préjudices à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône.

Rédigé par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011 · Mis à jour le

Réponse directe

Tramway en voie propre ou en voie partagée : pourquoi est-ce essentiel ?

L’article 1er de la loi du 5 juillet 1985 exclut les tramways lorsqu’ils circulent sur des voies qui leur sont propres. Sur une portion ouverte ou partagée avec les autres usagers, la loi Badinter peut au contraire s’appliquer si ses autres conditions sont réunies. Sur une voie propre, il faut rechercher le fondement adapté : responsabilité contractuelle du transporteur pour le voyageur, fait des choses, faute ou régime de l’ouvrage selon les circonstances.

La présence de rails ne suffit pas à définir une voie propre. La jurisprudence examine le point exact de l’accident, le caractère exclusivement réservé de la portion, son isolation par rapport au trottoir ou à la circulation et sa délimitation matérielle. Un carrefour ouvert aux autres usagers n’est pas une voie propre au lieu du choc. À l’inverse, une portion exclusivement réservée, rendue distincte par une bordure et des barrières, peut le rester même si une intersection existe plus loin. En 2023, la Cour de cassation a encore écarté la voie propre lorsque les rails n’étaient pas isolés du trottoir longeant le tracé.

Voie partagée ou non isolée : examiner la loi Badinter. Voie exclusivement réservée et délimitée : rechercher un autre fondement. Cette grille oriente l’analyse, mais ne remplace jamais l’examen des photographies et de la configuration réelle.

Cette distinction n’est pas un détail technique réservé aux juristes : elle détermine ce que vous devez prouver et le délai dans lequel une offre d’indemnisation doit vous être présentée. Notre guide sur l’indemnisation des accidents de transport en commun détaille les régimes applicables à chaque mode de transport ; cette page se concentre sur les subtilités propres au tramway.

Peut-on être indemnisé après une chute dans un tramway sans collision ?

Si la rame circulait sur une voie propre, le recours du passager repose principalement sur la responsabilité contractuelle du transporteur : il faut établir la qualité de voyageur, l’accident survenu pendant l’exécution du transport et le dommage. Si la portion n’était pas une voie propre et que la rame est impliquée dans un accident de la circulation, la loi du 5 juillet 1985 peut au contraire s’appliquer ; ce régime autonome écarte alors le droit commun de la responsabilité. La configuration exacte du tracé doit donc être vérifiée avant de choisir le fondement.

Une collision n’est donc pas indispensable. Un freinage, une accélération, un mouvement de la rame, la fermeture d’une porte ou un incident pendant la montée ou la descente peuvent être à l’origine du dommage. Cela ne rend pas toute chute automatiquement indemnisable : la matérialité de l’accident et le lien avec les blessures doivent être établis.

Freinage brutal du tramway : quels recours ?

Sur une voie propre, une chute provoquée par un freinage peut engager l’obligation de sécurité du transporteur sans que la victime ait à identifier elle-même une défaillance technique. Il faut néanmoins établir le freinage, la chute et le dommage. Le rapport d’incident, les témoins, les données de la rame et les images peuvent préciser la brutalité de la manœuvre et l’éventuelle intervention d’un tiers. Sur une portion non propre, l’implication de la rame peut conduire à appliquer la loi Badinter. Dans les deux cas, le seul fait d’être debout ne tranche pas le dossier.

Portes qui se referment trop tôt

Un pincement ou un choc causé par la fermeture des portes pendant la montée ou la descente doit être examiné au titre de la sécurité du transport et, lorsque la loi de 1985 est applicable, de l’implication de la rame. La victime n’a pas nécessairement à identifier elle-même un défaut de capteur, mais elle doit établir l’incident et le dommage. Une demande de conservation des éventuelles images embarquées doit être adressée rapidement, leur durée de conservation variant selon le dispositif.

Piéton ou cycliste heurté par le tram : le critère décisif, c’est le tracé

C’est ici que la qualification de voie propre change le régime. Une portion ouverte ou non isolée de l’espace emprunté par les autres usagers peut relever de la loi Badinter ; un couloir exclusivement réservé et matériellement délimité peut en être exclu. Le point de choc doit être localisé avec précision : une traversée, un carrefour, une bordure, une barrière ou l’absence de séparation peuvent modifier l’analyse. Voir l’arrêt de la Cour de cassation du 21 décembre 2023.

Lorsque la loi Badinter s’applique, le piéton ou le cycliste est une victime non conductrice : sa faute ne peut lui être opposée que si elle est inexcusable et cause exclusive de l’accident, sous réserve de la recherche volontaire du dommage. Lorsque le tram circulait sur une voie propre, il faut rechercher un autre fondement — responsabilité contractuelle du passager, fait des choses, faute ou régime de l’ouvrage — sans présumer que le résultat sera identique.

Le tramway a-t-il toujours la priorité ?

L’article R. 422-3 du code de la route organise la priorité des matériels circulant sur une voie ferrée tout en imposant aux conducteurs de tramways empruntant l’assiette des routes de respecter les signalisations comportant des prescriptions absolues et les indications des agents. Cette règle ne permet pas, à elle seule, de conclure au droit à indemnisation. Si la loi Badinter s’applique, l’article 3 protège la victime non conductrice ; si elle est exclue en raison d’une voie propre, le comportement de la victime s’apprécie selon le fondement retenu.

Chute sur le quai, en montant ou en descendant

La montée et la descente font en principe partie de l’exécution du contrat de transport. Il faut examiner le démarrage de la rame, les portes, la marche, l’écart entre le quai et le véhicule et le moment exact de la chute. Une chute sur le quai, après la descente achevée et sans rôle de la rame, peut en revanche relever du fait des choses, d’une faute d’entretien ou d’un régime lié à l’ouvrage. Toute chute en station n’est donc pas automatiquement un accident causé par le tramway.

Quelles preuves conserver après un accident de tramway ?

Notez immédiatement la ligne, l’heure, la station, le sens de circulation et, si possible, le numéro de la rame. Conservez le ticket ou la preuve de validation, prenez des photographies et recueillez les coordonnées des témoins. Le certificat médical initial, les documents des secours, les arrêts de travail et la continuité des soins devront ensuite relier l’événement aux blessures.

Pourquoi signaler l’accident et demander un rapport d’incident ?

Le signalement permet de laisser une trace, d’identifier la rame et les agents présents et de dater les circonstances. Son absence n’interdit pas nécessairement le recours, mais peut compliquer la preuve. À Marseille, le guide consacré aux démarches contre la RTM après un accident explique à qui adresser la réclamation.

Peut-on obtenir les images de vidéosurveillance ?

Les images ne sont ni toujours disponibles ni automatiquement communicables. Il est néanmoins utile d’identifier rapidement l’exploitant, la rame, la station et l’horaire afin de demander leur conservation avant un éventuel effacement. Cette démarche doit respecter le cadre applicable aux données personnelles et au dispositif concerné.

Les spécificités locales : Marseille et le Pays d’Aubagne

Dans les Bouches-du-Rhône, des tramways circulent notamment sur les réseaux de Marseille et du Pays d’Aubagne. L’exploitant, la configuration de la voie au point exact de l’accident et la date des faits doivent être identifiés pour chaque dossier. À titre de comparaison nationale, d’autres réseaux existent à Montpellier, Bordeaux ou Strasbourg, hors du périmètre d’intervention habituel de Maître Lionel SARFATI.

Marseille : le réseau RTM (lignes T1, T2, T3)

Le tramway marseillais comporte des configurations variées. La qualification ne doit jamais être déduite du nom de la ligne ou de l’aspect général du réseau : il faut examiner le point exact de l’accident. La page bus, tramway et métro à Marseille reste le hub local du réseau ; le guide sur les recours contre la RTM détaille les démarches pratiques.

Aubagne et le Pays de l’Étoile

Le réseau du Pays d’Aubagne comporte également une ligne de tramway et a connu des évolutions récentes. Pour un accident sur ce secteur, il faut relever la date, la station, la rame et l’exploitant figurant sur les documents du trajet, puis examiner la portion exacte de voie. Consultez aussi notre page avocat accident à Aubagne.

Pourquoi l’expertise médicale est-elle importante ?

L’expertise médicale décrit les blessures et évalue notamment le déficit fonctionnel temporaire, les souffrances endurées, la consolidation, le déficit fonctionnel permanent, le besoin d’aide humaine ou l’incidence professionnelle. Quel que soit le fondement retenu — loi Badinter, contrat ou fait des choses —, seuls les préjudices imputables à l’accident peuvent être réparés.

Deux exemples de dossiers de tramway traités par le cabinet

Dans un premier dossier anonymisé, une passagère victime d’un freinage a obtenu 6 832,50 € après expertise contradictoire. Les séquelles concernaient notamment des cervicalgies persistantes. Dans un second dossier, une passagère projetée lors d’un freinage d’urgence a obtenu 12 199,40 € après expertise judiciaire.

Ces résultats ne constituent pas un barème. Deux chutes dans un tramway ne conduisent pas à la même indemnisation : le montant dépend des blessures, des soins, de la consolidation, des séquelles et de chaque poste de préjudice.

Indemnisation : mêmes préjudices, autre fondement

Le fondement modifie les conditions de responsabilité, les moyens de défense et la procédure d’offre, mais non l’exigence d’une évaluation individualisée. La nomenclature Dintilhac aide à présenter les préjudices poste par poste. Notre outil « Votre indemnisation » après consolidation explique les critères généraux du chiffrage, et la page sur le champ d’application de la loi Badinter dans les transports approfondit la différence entre les modes de transport.

Sources officielles vérifiées le 26 août 2026 : article 1er de la loi du 5 juillet 1985 ; Cass. 2e civ., 16 juin 2011, n° 10-19.491 ; Cass. 2e civ., 5 mars 2020, n° 19-11.411 ; Cass. 2e civ., 21 décembre 2023, n° 21-25.352.

FAQ

Questions fréquentes

La loi Badinter s’applique-t-elle au tramway ?

Cela dépend notamment du tracé au lieu de l’accident. L’article 1er exclut le tramway lorsqu’il circule sur une voie qui lui est propre. Si la portion n’est pas propre et que les autres conditions sont réunies, la loi Badinter peut s’appliquer.

Qu’est-ce qu’une voie propre au tramway ?

La qualification dépend de la configuration concrète au point de l’accident : caractère exclusivement réservé, isolation par rapport au trottoir ou à la circulation, délimitation et ouverture éventuelle aux autres usagers. Le seul nom de la ligne ou la présence de rails ne suffit pas.

Peut-on être indemnisé après une chute sans collision ?

Oui, selon les circonstances et le fondement applicable. Une chute liée à un freinage, un démarrage, un mouvement de la rame ou une porte peut ouvrir un recours, mais la victime doit établir la réalité de l’événement et son lien avec les blessures.

Que faire après un freinage brutal du tramway ?

Signalez l’accident, relevez la ligne, l’heure, la rame et la station, recueillez les coordonnées des témoins et consultez rapidement afin d’obtenir des constatations médicales. Une demande de conservation des images peut être utile.

Qui indemnise le passager blessé dans un tramway ?

Cela dépend du régime applicable. Sur une voie propre, le recours du voyageur repose généralement sur la responsabilité contractuelle du transporteur. Sur une portion non propre relevant de la loi Badinter, le régime d’indemnisation des accidents de la circulation peut s’appliquer.

Peut-on agir contre la RTM après un accident de tramway à Marseille ?

Oui lorsque la RTM est l’exploitant concerné, mais le destinataire, le fondement et la juridiction doivent être déterminés selon la qualité de la victime, le lieu et la cause de l’accident.

Faut-il un témoin pour être indemnisé ?

Non nécessairement. Un témoignage reste très utile, mais la preuve peut aussi résulter d’un rapport d’incident, des images, de la validation d’un titre, de l’intervention des secours et d’un dossier médical cohérent.

Que faire si la chute n’a pas été signalée immédiatement ?

L’absence de signalement immédiat n’exclut pas automatiquement tout recours, mais elle peut compliquer la preuve. Il faut reconstituer rapidement la ligne, l’heure, le lieu et les circonstances, rechercher les témoins et conserver les constatations médicales.

Votre cas dépend du tracé exact

Envoyez-nous le lieu précis de l’accident — nous vérifions gratuitement le régime applicable à votre situation.

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