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Accident médical — Responsabilité odontologique

Erreur de soins dentaires et implant : quelle indemnisation ?

Une complication dentaire n’est pas automatiquement une faute. L’expertise odontologique doit comparer les soins réalisés aux règles de l’art, déterminer l’origine des lésions et évaluer le coût des reprises ainsi que toutes leurs conséquences.

Rédigé et mis à jour le par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011

En bref
  • Demandez le dossier complet : devis, consentements, radios avant et après, dossier de traçabilité et comptes rendus.
  • Implant mal positionné, lésion nerveuse, infection, prothèse inadaptée ou interruption de soins appellent des analyses différentes.
  • L’expertise doit chiffrer les soins de reprise et les dépenses futures, pas seulement la douleur déjà subie.

Cette page répond à une situation précise. Elle complète la page mère accident médical sans la remplacer et permet d’orienter la victime vers le régime, les preuves et la procédure adaptés.

Quels soins peuvent engager une responsabilité ?

La responsabilité du chirurgien-dentiste ou du centre suppose en principe une faute : indication inadaptée, geste non conforme, défaut de diagnostic, absence de surveillance, défaut de prise en charge d’une infection ou interruption injustifiée du parcours. Le résultat décevant ne suffit pas à lui seul.

Une lésion du nerf alvéolaire ou lingual, une perforation, une mauvaise position implantaire, une extraction traumatique ou une prothèse inutilisable doivent être reliées au geste par les données cliniques et radiologiques. L’état dentaire antérieur reste essentiel pour mesurer la perte de chance ou l’aggravation réellement imputable.

Information, devis et consentement du patient

Le patient doit recevoir une information sur l’utilité du traitement, ses risques normalement prévisibles, les alternatives et les conséquences d’un refus. En cas de litige, le professionnel ou l’établissement doit pouvoir prouver la délivrance de cette information.

Un devis signé ne démontre pas à lui seul que tous les risques pertinents ont été expliqués. Le défaut d’information et la faute technique sont deux questions distinctes, susceptibles d’entraîner des préjudices différents.

Centre dentaire, praticien libéral ou clinique

Il faut identifier l’auteur de chaque acte, la structure contractante, l’assureur et le statut des intervenants. Dans un centre où plusieurs praticiens se succèdent, la traçabilité des rendez-vous et prescriptions permet de répartir les responsabilités sans viser indistinctement tous les acteurs.

Une expertise amiable contradictoire ou judiciaire peut nécessiter un expert odontologiste et, pour certaines atteintes neurologiques, un sapiteur adapté. La mission doit inclure les solutions de reprise, leur calendrier, leurs risques et leur coût futur.

Quels préjudices peuvent être indemnisés ?

Les soins correctifs, implants, greffes, prothèses provisoires et définitives, déplacements et pertes professionnelles doivent être documentés. Les souffrances, le déficit fonctionnel, les troubles alimentaires, les cicatrices, l’atteinte esthétique et l’anxiété peuvent également être retenus selon le rapport.

La prescription de dix ans à compter de la consolidation concerne les actions mettant en cause les professionnels ou établissements de santé à l’occasion des soins. Le point de départ et les actes interruptifs doivent néanmoins être vérifiés dans chaque dossier.

Constituer le dossier

Quelles preuves conserver en priorité ?

Pièces utiles

  • dossier patient et correspondances
  • devis, factures et preuve des paiements
  • radiographies et scanners avant et après soins
  • ordonnances, prélèvements et suivi infectieux
  • avis et devis de reprise indépendants

Erreurs à éviter

  • attendre que les preuves temporaires disparaissent ;
  • signer une transaction sans connaître son effet définitif ;
  • réduire le dossier aux seules factures médicales ;
  • confondre la consolidation avec la guérison ;
  • laisser expirer un délai indiqué dans une notification.
Parcours d’indemnisation

Les étapes à organiser

  1. Étape 1. Obtenir le dossier complet avant toute reprise irréversible.
  2. Étape 2. Identifier les actes, praticiens, structures et assureurs concernés.
  3. Étape 3. Organiser une expertise odontologique contradictoire.
  4. Étape 4. Chiffrer soins de reprise, dépenses futures et préjudices personnels.

L’expertise médicale de la victime, la demande de provision et l’analyse de l’offre d’indemnisation doivent être adaptées au régime applicable. Aucun montant ne peut être garanti avant l’étude des faits, des preuves et des conclusions médicales.

Préjudices corporels

Quels postes d’indemnisation examiner ?

Le chiffrage s’organise à partir de la nomenclature Dintilhac. Selon le dossier, il peut comprendre les dépenses de santé, les pertes de gains actuels, les pertes de gains futurs, l’aide humaine, le déficit fonctionnel temporaire, les souffrances, le déficit permanent, le préjudice esthétique, l’agrément, le préjudice sexuel ou l’incidence professionnelle.

Les prestations sociales et remboursements ne se déduisent pas indistinctement du total. Leur imputation doit être contrôlée selon la nature des sommes versées et le poste qu’elles réparent.

Accompagnement de la victime

Pourquoi être assisté par un avocat lors d’une expertise dentaire ?

Un avocat réunit le dossier radiologique et clinique, les devis, factures et éléments relatifs à l’information délivrée. Il fait préciser lors de l’expertise odontologique la conformité des soins, la position de l’implant, l’éventuelle lésion nerveuse et les reprises nécessaires.

L’avocat identifie le responsable — chirurgien-dentiste, centre ou établissement — et chiffre les dépenses futures, les souffrances, les pertes de revenus ainsi que les préjudices esthétique et fonctionnel.

Cette analyse complète la page de référence sur l’accident médical.

Questions fréquentes

Réponses pratiques

Un implant mal posé est-il automatiquement une faute ?

Non. Sa position, l’indication, l’information, l’état antérieur et le lien avec les dommages doivent être expertisés.

Puis-je faire reprendre les soins avant l’expertise ?

Les soins urgents ne doivent pas être retardés, mais il faut préserver les preuves et, si possible, faire constater l’état avant une reprise irréversible.

Qui paie les futurs implants ?

Le coût imputable des reprises peut être indemnisé s’il est médicalement justifié, chiffré et rattaché aux soins fautifs.

Quel est le délai pour agir ?

L’action en responsabilité médicale se prescrit en principe par dix ans à compter de la consolidation, sous réserve de l’analyse précise du dossier.

Faire analyser votre situation

Le premier échange permet d’identifier les preuves, le régime et les prochaines étapes utiles.

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