Aller au contenu
Responsabilité médicale — faute dentaire

12 810 € pour des soins dentaires non conformes aux règles de l'art

Après des complications dentaires liées à des soins jugés non conformes par l'expert judiciaire, la victime a obtenu réparation intégrale auprès de la MACSF, assureur du praticien.

Rédigé par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011

Résultat obtenu : 12 810,48 € versés à l'amiable en réparation des complications dentaires.

Voie : Protocole amiable (engagement transactionnel), 2024 — Assureur / organisme : MACSF (assureur de responsabilité civile professionnelle du chirurgien-dentiste)

Cadre juridique applicable : soins dentaires non conformes

L'article L.1142-1 du code de la santé publique pose, hors défaut d'un produit de santé et régimes spéciaux, le principe d'une responsabilité pour faute des professionnels et établissements pour les conséquences dommageables des actes de prévention, de diagnostic ou de soins. Une faute technique, un dommage et un lien causal doivent être établis, le plus souvent à l'aide d'une expertise contradictoire. Le défaut d'information obéit à un régime distinct : selon l'article L.1111-2, il appartient au professionnel ou à l'établissement de prouver que l'information requise a été délivrée.

Selon la nature du praticien et de son exercice, l'assurance de responsabilité civile professionnelle mobilisée diffère (assureur individuel du praticien, ou dans certains cas assureur d'un établissement). Lorsque la faute est établie ou reconnue, l'indemnisation du préjudice corporel obéit aux mêmes principes que pour tout dommage corporel : réparation intégrale, poste de préjudice par poste de préjudice, selon la nomenclature Dintilhac.

Soins dentaires non conformes : les faits du dossier

La victime avait subi une dévitalisation puis la pose de coiffes céramo-métalliques sur deux dents. Des complications sont apparues plusieurs années plus tard, conduisant à l'extraction de trois dents. Une expertise médicale judiciaire a été diligentée pour déterminer si les soins initiaux étaient conformes aux règles de l'art.

Le fond du droit : la responsabilité civile professionnelle du praticien

L'expert judiciaire a retenu une non-conformité des soins — notamment l'absence de pose de digue et l'absence de clichés radiographiques de contrôle — malgré la contestation du praticien. En matière de responsabilité médicale hors accident médical non fautif, c'est la faute technique du professionnel de santé qui ouvre droit à indemnisation, sur le fondement de l'article L.1142-1 du code de la santé publique. La MACSF, assureur de responsabilité civile professionnelle du praticien dans ce dossier, a pris en charge l'indemnisation par la voie amiable, sur la base du rapport d'expertise.

Résultat obtenu : 12 810 € — soins dentaires non conformes

La victime a obtenu 12 810,48 € en réparation de son préjudice corporel, dans le cadre d'un règlement amiable avec la MACSF.

Une expertise odontologique pour distinguer soins nécessaires et soins fautifs

Le débat portait notamment sur les soins réalisés sur les dents 28 et 38, les obturations, inlay-cores et couronnes, ainsi que sur les reprises devenues nécessaires. L’expert a individualisé les dépenses directement rattachables aux soins contestés et celles correspondant aux traitements correctifs. Cette analyse technique était indispensable pour sortir d’une simple opposition entre la patiente et le praticien.

Le cabinet a utilisé les conclusions odontologiques pour chiffrer les conséquences corporelles et financières sans réclamer les postes dont l’imputabilité n’était pas médicalement certaine. Cette sélection rigoureuse des demandes a renforcé la crédibilité du recours et conduit au règlement amiable de 12 810,48 €.

Pour situer ce résultat : le chiffrage repose sur les postes de la nomenclature Dintilhac et sur les conclusions de l'expertise médicale. La page consacrée aux accidents médicaux présente les voies d'indemnisation ; le montant reste propre à chaque victime.

Résultat anonymisé, présenté avec l'accord de la cliente et dans le respect de sa confidentialité. Les résultats passés ne préjugent pas de l'issue d'un autre dossier, chaque situation dépendant de circonstances de fait qui lui sont propres.

FAQ

Questions fréquentes : soins dentaires non conformes

Comment prouver qu'un soin dentaire n'a pas respecté les règles de l'art ?

Une expertise odontologique, judiciaire ou amiable contradictoire, analyse le dossier de soins et apprécie si les actes étaient conformes aux données acquises de la science à la date où ils ont été réalisés. Le rapport d'expertise est déterminant, sans lier automatiquement le juge.

Qui indemnise une victime d'une faute dentaire ou médicale ?

Lorsque la faute d'un praticien est établie et a causé le dommage, son assureur de responsabilité civile professionnelle intervient en principe dans les limites de la garantie. En l'absence de faute, l'ONIAM ne peut intervenir que si les conditions légales de la solidarité nationale sont réunies, notamment l'imputabilité directe aux soins, l'anormalité des conséquences et le seuil de gravité applicable.

Comment prouver qu'un praticien a commis une faute ?

La preuve repose le plus souvent sur une expertise médico-légale contradictoire, au cours de laquelle un expert judiciaire ou amiable analyse le dossier médical et détermine si les soins prodigués étaient conformes aux règles de l'art à la date des faits.

Un résultat insatisfaisant après des soins signifie-t-il automatiquement une faute du praticien ?

Non. Le praticien de santé est en principe tenu à une obligation de moyens, et non de résultat : un résultat décevant n'est pas en soi fautif. C'est l'écart entre les soins réellement prodigués et les règles de l'art qui doit être démontré.

Faut-il obligatoirement passer par une procédure judiciaire pour être indemnisé ?

Non, une voie amiable est possible lorsque l'assureur du praticien reconnaît sa responsabilité à la suite de l'expertise, mais une procédure devant les juridictions compétentes reste nécessaire en cas de contestation persistante.

Régime d’indemnisation : soins dentaires non conformes

Ce résultat anonymisé illustre une situation particulière. Retrouvez le guide permanent consacré à l’responsabilité après des soins dentaires pour comprendre les conditions, les preuves et la procédure.

Une complication après des soins médicaux ou dentaires ?

Premier rendez-vous gratuit pour évaluer si une faute a été commise.

Parler à un avocat