Pertes de gains professionnels actuels : calcul et indemnisation des PGPA
Les PGPA réparent la perte de revenus professionnels entre le dommage et la consolidation. Le calcul doit partir du revenu que la victime aurait vraisemblablement perçu, puis tenir compte des salaires maintenus et prestations imputables.
Rédigé et mis à jour le par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011
Par Maître Lionel SARFATI, avocat en dommage corporel à Marseille. · Présentation et liens actualisés le
La période s’arrête à la consolidation, même si les pertes se poursuivent ensuite sous le poste des gains futurs.
Maintien de salaire et indemnités journalières n’effacent pas le dommage : ils doivent être identifiés et imputés correctement.
Pour un indépendant, le chiffre d’affaires ne correspond pas au revenu perdu ; marge, charges maintenues et coût d’un remplacement doivent être étudiés.
Cette page traite spécifiquement de la perte de revenus déjà subie entre l’accident et la consolidation. Elle complète la nomenclature Dintilhac sans s’y substituer, et ne doit pas être confondue avec les pertes de gains futurs, chiffrées selon une méthode distincte.
Les PGPA concernent l’incapacité totale ou partielle d’exercer une activité avant consolidation. Elles se distinguent du déficit fonctionnel temporaire, qui indemnise la gêne personnelle dans la vie courante, et des pertes futures, qui commencent après consolidation.
Le lien médical entre les arrêts, la réduction d’activité et l’accident doit être établi. Une durée d’arrêt prescrite ne dispense pas d’examiner la réalité de la perte économique.
Salariés : salaire, primes et maintien de rémunération
Le calcul compare les revenus nets qui auraient été perçus aux revenus professionnels effectivement reçus. Il peut intégrer primes régulières, heures supplémentaires démontrables, commissions, évolution salariale acquise ou avantages perdus.
Le maintien par l’employeur, les indemnités journalières et prestations subrogatoires doivent apparaître séparément. Les organismes sociaux exercent leur recours selon la nature de leurs versements ; la victime réclame le solde réellement perdu.
Indépendants, professions libérales et artisans
Les déclarations fiscales, bilans, grands livres, saisonnalité et exercices antérieurs permettent d’estimer le bénéfice qui aurait été réalisé. Une baisse de chiffre d’affaires peut être compensée par une baisse de charges ; inversement, certaines charges continuent malgré l’arrêt.
Le coût d’un remplaçant, les contrats perdus, reports de commandes et limites de capacité doivent être prouvés. Une expertise comptable peut être nécessaire lorsque la causalité économique est discutée.
Pièges de calcul et justificatifs
Il faut éviter de mélanger période temporaire et période future, de réclamer le chiffre d’affaires brut ou d’omettre les revenus de remplacement. La comparaison doit reposer sur une période de référence représentative et expliquer tout événement extérieur.
Les déclarations fiscales postérieures, la reprise à temps partiel et les restrictions médicales permettent d’actualiser le chiffrage jusqu’à la consolidation.
Constituer le dossier
Quelles preuves conserver en priorité ?
Pièces utiles
bulletins de salaire avant et après l’accident
attestations employeur et primes
décomptes d’indemnités journalières
avis d’imposition et déclarations fiscales
bilans, charges maintenues et coût de remplacement
Erreurs à éviter
attendre que les preuves temporaires disparaissent ;
signer une transaction sans connaître son effet définitif ;
réduire le dossier aux seules factures médicales ;
confondre la consolidation avec la guérison ;
laisser expirer un délai indiqué dans une notification.
Parcours d’indemnisation
Les étapes à organiser
Étape 1. Fixer la période exacte du dommage à la consolidation.
Étape 2. Reconstituer le revenu attendu sur une référence représentative.
Étape 3. Identifier séparément salaires maintenus et prestations.
Étape 4. Calculer le solde poste par poste avec les justificatifs.
Le PGPA se vérifie à partir des bulletins de salaire et des arrêts de travail, et une provision peut compenser la perte de revenus pendant l’instruction du dossier. L’offre de l’assureur doit être vérifiée poste par poste avant toute acceptation. Aucun montant ne peut être garanti avant l’étude des faits, des preuves et des revenus antérieurs.
Les indemnités journalières, le maintien de salaire ou les prestations de prévoyance perçues pendant l’arrêt doivent être déduites du PGPA, mais seulement à hauteur de ce qu’elles réparent réellement : un contrôle poste par poste évite une déduction excessive.
La reconstitution doit intégrer la situation réelle du salarié ou de l’indépendant, les revenus de référence, les indemnités journalières, le maintien de salaire et les périodes imputables jusqu’à la consolidation.
Le dossier a documenté les pertes de gains actuels avec les périodes de gêne, les frais, les souffrances et le déficit permanent avant la signature de la transaction.
Ce résultat dépend des justificatifs, des périodes médicalement imputables et des circonstances propres au dossier. Il ne préjuge pas d’une autre situation.
Questions fréquentes
Réponses pratiques
Les PGPA correspondent-elles à l’arrêt de travail ?
Pas exactement. Il faut établir la perte économique réellement causée pendant la période médicalement imputable.
Les indemnités journalières suppriment-elles les PGPA ?
Non. Elles réduisent le solde revenant à la victime selon leur imputation, mais le dommage doit d’abord être évalué.
Peut-on réclamer les primes ?
Oui lorsqu’elles auraient probablement été perçues et que leur perte est documentée.
Comment calculer pour un indépendant ?
À partir du bénéfice ou de la marge perdue, des charges maintenues, de la saisonnalité et, si besoin, d’une analyse comptable.
Faire analyser votre situation
Le premier échange permet de vérifier si la perte de revenus est correctement documentée et chiffrée.