Guide de référence · Accident du travail

Accident de trajet : le régime, et le recours qui change tout

Par Maître Lionel Sarfati, Avocat au Barreau de Marseille · Publié le · Lecture : 10 min

Un accident survenu en allant au travail ou en en revenant relève d'un régime particulier : l'accident de trajet. Pris en charge par la Sécurité sociale comme un accident du travail, il ouvre pourtant, lorsqu'un tiers est responsable, une seconde voie bien plus avantageuse — le recours de droit commun, qui vise la réparation intégrale du préjudice. Confondre les deux, ou s'en tenir au seul forfait de la Sécurité sociale, c'est renoncer à une part majeure de ses droits. Ce guide fait le point.

Qu'est-ce qu'un accident de trajet ?

L'accident de trajet est celui qui survient pendant le parcours aller-retour entre le domicile et le lieu de travail, ou entre le lieu de travail et le lieu habituel des repas. Il est assimilé, pour sa prise en charge par la Sécurité sociale, à un accident du travail : indemnités journalières, prise en charge des soins, et le cas échéant rente en cas de séquelles.

Les conditions : un trajet normal

Pour être qualifié d'accident de trajet, le parcours doit être normal : le trajet habituel, non interrompu ni détourné pour un motif étranger aux nécessités de la vie courante ou au travail. Un léger détour justifié (déposer un enfant, faire une course de covoiturage) ne fait pas perdre la qualification ; un détour important pour convenance personnelle, en revanche, peut l'écarter. La date, l'heure et l'itinéraire sont donc des éléments à établir avec soin.

Le régime Sécurité sociale : un forfait

La prise en charge au titre de la législation professionnelle est précieuse — gratuité des soins, indemnités journalières — mais elle est forfaitaire : elle n'indemnise pas l'intégralité du préjudice. Les souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément, le déficit fonctionnel dans toute son ampleur, l'incidence professionnelle ne sont pas réparés à leur juste valeur par le seul régime de la Sécurité sociale.

Le recours contre le tiers responsable : la réparation intégrale

C'est le point décisif. Lorsque l'accident de trajet est un accident de la route causé par un tiers responsable — un autre véhicule —, la victime dispose, en plus des prestations de la Sécurité sociale, d'un recours de droit commun contre ce tiers et son assureur, fondé sur la loi Badinter. Ce recours vise la réparation intégrale de tous les postes de préjudice, poste par poste — sans commune mesure avec le forfait social. C'est là que se joue l'essentiel de l'indemnisation.

Faute inexcusable : une différence avec l'accident du travail

À la différence de l'accident du travail proprement dit, l'accident de trajet n'ouvre pas, en principe, l'action en faute inexcusable de l'employeur : pendant le trajet, la victime n'est pas sous l'autorité de l'employeur, qui ne maîtrise pas les conditions du déplacement. Le levier d'une réparation complète n'est donc pas la faute inexcusable, mais bien le recours contre le tiers responsable de l'accident, lorsqu'il en existe un.

Comment le cabinet agit

Le Cabinet Sarfati, dédié exclusivement aux victimes, qualifie l'accident, articule les prestations de la Sécurité sociale avec le recours de droit commun contre le tiers responsable, et veille à ce que chaque poste de préjudice soit intégralement réparé. Le premier rendez-vous est gratuit.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un accident de trajet ?

C'est un accident survenu sur le parcours normal entre le domicile et le travail, ou entre le travail et le lieu habituel des repas. Il est pris en charge par la Sécurité sociale comme un accident du travail.

La prise en charge par la Sécurité sociale suffit-elle ?

Non : elle est forfaitaire et n'indemnise pas l'intégralité du préjudice. Souffrances endurées, préjudice esthétique, incidence professionnelle ou déficit fonctionnel ne sont pas réparés à leur juste valeur par le seul régime social.

Puis-je agir contre le conducteur responsable de mon accident de trajet ?

Oui. Si l'accident est un accident de la route causé par un tiers, vous disposez, en plus des prestations sociales, d'un recours de droit commun fondé sur la loi Badinter, qui vise la réparation intégrale de tous vos préjudices.

Un détour me fait-il perdre la qualification d'accident de trajet ?

Un léger détour justifié par les nécessités de la vie courante ne fait pas perdre la qualification. Un détour important pour convenance personnelle, en revanche, peut l'écarter. L'itinéraire doit être établi précisément.

Puis-je invoquer la faute inexcusable de l'employeur pour un accident de trajet ?

En principe non : pendant le trajet, la victime n'est pas sous l'autorité de l'employeur. Le levier d'une réparation complète est le recours contre le tiers responsable, et non la faute inexcusable.

Puis-je cumuler les prestations sociales et l'indemnisation du responsable ?

Oui, mais sans double emploi : la Sécurité sociale exerce son propre recours contre l'assureur du responsable pour les prestations versées, tandis que vous conservez l'indemnisation de vos préjudices personnels. L'articulation se pilote précisément.

Victime d'un accident sur le trajet du travail ?

Au-delà du forfait de la Sécurité sociale, un recours contre le tiers responsable peut réparer l'intégralité de votre préjudice. Le Cabinet Sarfati, dédié aux victimes, active tous vos droits. Premier rendez-vous gratuit.

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