Guide de référence · Poste de préjudice

Assistance par tierce personne : indemniser l'aide humaine, à vie

Par Maître Lionel Sarfati, Avocat au Barreau de Marseille · Publié le · Lecture : 13 min

Après un accident grave, beaucoup de victimes ne peuvent plus accomplir seules les gestes de la vie quotidienne : se laver, s'habiller, préparer les repas, se déplacer, surveiller un proche cérébro-lésé. L'aide qui leur devient indispensable — d'un professionnel comme d'un membre de la famille — constitue l'un des postes de préjudice les plus lourds financièrement : l'assistance par tierce personne. Bien chiffré, il représente souvent la part la plus importante de l'indemnisation. Mal évalué, il ampute durablement les droits de la victime. Ce guide en donne la méthode.

Qu'est-ce que l'assistance par tierce personne ?

L'assistance par tierce personne indemnise le besoin d'aide humaine rendu nécessaire par les séquelles : aide à la toilette, à l'habillage, aux repas, aux déplacements, aux courses, aux démarches, mais aussi surveillance d'une personne désorientée après un traumatisme crânien. C'est un poste de la nomenclature Dintilhac qui vise à rétablir l'autonomie de la victime et à préserver sa dignité.

Point capital, consacré par une jurisprudence constante : l'indemnisation n'est pas subordonnée à la production de justificatifs de dépenses, et l'aide apportée bénévolement par un proche — conjoint, parent, enfant — ouvre pleinement droit à réparation. La solidarité familiale ne doit jamais profiter à l'assureur du responsable.

Tierce personne temporaire et permanente

La tierce personne temporaire couvre la période comprise entre l'accident et la consolidation, pendant laquelle la victime a eu besoin d'aide : elle se reconstitue heure par heure à partir du rapport d'expertise et des attestations. La tierce personne permanente concerne le besoin d'aide subsistant après consolidation, pour l'avenir : c'est elle qui, capitalisée sur l'espérance de vie, atteint les montants les plus élevés.

Comment se chiffre l'aide humaine

Le calcul repose sur trois éléments : le nombre d'heures d'aide par jour retenu par l'expert, un taux horaire, et un nombre de jours par an. Les tribunaux retiennent le plus souvent un taux horaire de l'ordre de 16 à 25 € pour une aide active non spécialisée, davantage pour une aide spécialisée, et un taux réduit (autour de 11 €) pour une simple surveillance de nuit.

16-25 €Taux horaire d'une aide active (indicatif)
412Jours par an retenus en droit commun
À vieCapitalisation sur l'espérance de vie

La base de 412 jours par an

Pourquoi 412 et non 365 ? Parce qu'une aide humaine continue suppose de rémunérer aussi les congés payés et les jours fériés de l'intervenant : une personne dépendante a besoin d'être aidée tous les jours de l'année, y compris quand son aidant habituel se repose. En droit commun, devant les juridictions civiles, l'usage est de retenir une base de 412 jours par an pour intégrer ces contraintes. Sur ce seul paramètre, l'écart entre 365 et 412 jours représente plus de 12 % d'indemnisation : c'est dire l'enjeu.

Base de calcul en droit commun — 412 jours par an L'évaluation de l'aide humaine intègre les congés payés et les jours fériés de la tierce personne, ce qui conduit les juridictions civiles à retenir une base annuelle de 412 jours plutôt que 365.

La capitalisation à vie

Le coût annuel obtenu (heures × taux horaire × 412) est ensuite capitalisé pour couvrir toute l'espérance de vie de la victime. On applique pour cela un « prix de l'euro de rente » tiré d'un barème de capitalisation — celui régulièrement publié par la Gazette du Palais fait référence —, qui dépend de l'âge de la victime à la consolidation et du taux d'actualisation retenu. Le choix du barème n'est pas neutre : à besoin d'aide identique, un barème récent et favorable peut représenter des centaines de milliers d'euros de différence. C'est un point de négociation à part entière.

Les pièges tendus par les assureurs

Trois réflexes doivent alerter la victime. D'abord, la minoration du nombre d'heures à l'expertise : une aide réellement pluriquotidienne est parfois ramenée à quelques heures, d'où l'importance de préparer ce point et de le contester par dire. Ensuite, la déduction de l'aide familiale : l'assureur soutient parfois que l'aide apportée gratuitement par un proche ne se paie pas — c'est juridiquement faux. Enfin, le recours à un barème de capitalisation périmé ou à un taux horaire trop bas. Le Cabinet Sarfati, exclusivement dédié aux victimes, sécurise chacun de ces paramètres.

Questions fréquentes

L'aide apportée par mon conjoint ou mes parents est-elle indemnisée ?

Oui. Une jurisprudence constante indemnise l'aide humaine même lorsqu'elle est apportée gratuitement par un proche : l'indemnisation n'est pas subordonnée à la production de factures. La solidarité familiale ne profite pas à l'assureur.

Pourquoi calcule-t-on sur 412 jours et non 365 ?

Parce qu'il faut tenir compte des congés payés et des jours fériés de l'intervenant : la victime a besoin d'aide tous les jours de l'année. En droit commun, les juridictions civiles retiennent couramment cette base de 412 jours.

Quel taux horaire retient-on pour l'aide humaine ?

Les tribunaux retiennent le plus souvent 16 à 25 € de l'heure pour une aide active non spécialisée, davantage pour une aide spécialisée, et un taux réduit (autour de 11 €) pour une simple surveillance de nuit. Ces montants sont indicatifs.

Comment l'aide future est-elle indemnisée ?

Le coût annuel est capitalisé sur l'espérance de vie de la victime au moyen d'un barème (le barème de capitalisation de la Gazette du Palais fait référence), en fonction de son âge à la consolidation. Le choix du barème a un impact financier majeur.

L'assureur veut déduire les aides sociales (PCH, APA) : est-ce justifié ?

La question est technique et discutée : certaines prestations peuvent donner lieu à recours, d'autres non. Il ne faut jamais accepter une déduction sans vérification, car elle réduit parfois indûment l'indemnisation. Un avis d'avocat s'impose avant toute transaction.

La tierce personne représente-t-elle une part importante de l'indemnisation ?

Très souvent, oui. Pour les blessés les plus graves, capitalisée à vie, elle constitue fréquemment le poste le plus élevé de toute la réparation, devant même le déficit fonctionnel permanent.

Vous avez besoin d'aide au quotidien depuis votre accident ?

L'assistance par tierce personne, y compris celle d'un proche, s'indemnise et se capitalise à vie. Le Cabinet Sarfati veille à chaque paramètre du calcul, de l'expertise à la capitalisation. Premier rendez-vous gratuit.

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