Maître Lionel SARFATI
Dommage corporel à Marseille
Défense exclusive des victimes
Accident mortel : indemnisation de la famille et des proches
Le décès ouvre des droits distincts : ceux transmis par la victime pour la période ayant précédé sa mort, et les préjudices personnels subis par sa famille et ses proches. Chaque demande doit être individualisée et prouvée.
Rédigé et mis à jour le par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011
- Les héritiers peuvent exercer l’action successorale pour les préjudices subis par la victime avant son décès.
- Conjoint, partenaire, concubin, enfants, parents, frères, sœurs et autres proches peuvent faire valoir leurs préjudices personnels selon la réalité du lien.
- Le préjudice d’affection ne couvre pas les pertes économiques, les frais ou le bouleversement concret de la vie familiale : ces postes doivent être distingués.
Cette page répond à une situation précise. Elle complète la page mère nomenclature dintilhac sans la remplacer et permet d’orienter la victime vers le régime, les preuves et la procédure adaptés.
Quels droits sont transmis par la victime décédée ?
Lorsque la victime a survécu un temps à l’accident, elle a pu subir douleurs, déficit fonctionnel temporaire, peur de la mort, pertes de revenus ou frais. L’action née dans son patrimoine peut être transmise à ses héritiers. Elle doit être distinguée du chagrin personnel éprouvé par les proches.
Le dossier médical, les circonstances du décès et les témoignages permettent d’établir la conscience, les souffrances et la durée de survie. Aucune somme ne doit être présentée comme automatique : l’évaluation dépend des faits établis.
Quels proches peuvent demander réparation ?
Le préjudice d’affection concerne traditionnellement le conjoint, le partenaire, le concubin, les parents, les enfants, les frères et sœurs, les grands-parents et petits-enfants. Un lien juridique n’est toutefois pas la seule mesure de la réalité affective. Un proche sans parenté peut établir une relation stable et intense ; inversement, chaque demande doit rester personnelle.
Les proches peuvent aussi subir un trouble psychologique médicalement caractérisé, des frais, une perte de revenus ou un besoin d’assistance. Ces conséquences ne se confondent pas avec le seul préjudice d’affection.
Pertes de revenus du foyer, frais et accompagnement
Le préjudice économique se calcule à partir des revenus et charges du foyer, de la part d’autoconsommation du défunt, de la composition familiale et de la durée de la perte. Les pensions, prestations et capitaux susceptibles de s’imputer doivent être examinés selon leur nature.
Les frais d’obsèques, déplacements, hébergement, assistance et accompagnement peuvent être réclamés s’ils sont justifiés et imputables. Les proches d’une victime lourdement blessée avant le décès peuvent également documenter le bouleversement temporaire de leurs conditions d’existence.
Quel régime, quel délai et quelle procédure ?
Le débiteur et le régime changent selon qu’il s’agit d’un accident de la circulation, d’un accident médical, d’une infraction, d’un accident du travail ou d’un fait de responsabilité civile. La faute éventuellement opposable à la victime directe peut aussi avoir une incidence sur certains droits par ricochet.
La prescription ne doit pas être résumée à une formule unique. Il faut dater l’événement, le décès, la consolidation éventuelle des proches, les décisions et les démarches déjà accomplies, puis choisir l’assureur, le fonds ou la juridiction compétente.
Quelles preuves conserver en priorité ?
Pièces utiles
- actes d’état civil et qualité d’héritier
- dossier médical et certificat de décès
- revenus, charges et prestations du foyer
- factures d’obsèques et déplacements
- éléments établissant la relation affective et le retentissement personnel
Erreurs à éviter
- attendre que les preuves temporaires disparaissent ;
- signer une transaction sans connaître son effet définitif ;
- réduire le dossier aux seules factures médicales ;
- confondre la consolidation avec la guérison ;
- laisser expirer un délai indiqué dans une notification.
Les étapes à organiser
- Étape 1. Identifier séparément l’action successorale et les victimes indirectes.
- Étape 2. Recenser les frais, pertes et effets personnels de chaque proche.
- Étape 3. Déterminer le régime d’indemnisation et le débiteur compétent.
- Étape 4. Présenter une demande individualisée, sans barème automatique ni double compte.
L’expertise médicale de la victime, la demande de provision et l’analyse de l’offre d’indemnisation doivent être adaptées au régime applicable. Aucun montant ne peut être garanti avant l’étude des faits, des preuves et des conclusions médicales.
Quels postes d’indemnisation examiner ?
Le chiffrage s’organise à partir de la nomenclature Dintilhac. Selon le dossier, il peut comprendre les dépenses de santé, les pertes de gains actuels, les pertes de gains futurs, l’aide humaine, le déficit fonctionnel temporaire, les souffrances, le déficit permanent, le préjudice esthétique, l’agrément, le préjudice sexuel ou l’incidence professionnelle.
Les prestations sociales et remboursements ne se déduisent pas indistinctement du total. Leur imputation doit être contrôlée selon la nature des sommes versées et le poste qu’elles réparent.
Guides directement liés à cette situation
Sources officielles vérifiées au 18 août 2026 : Loi du 5 juillet 1985, article 6 · Code civil, article 2226.
Quel est le rôle de l’avocat dans l’indemnisation de la famille ?
Un avocat distingue l’action successorale, les souffrances vécues avant le décès et les préjudices personnels de chaque proche. Il individualise le préjudice d’affection, les frais d’obsèques, les pertes économiques du foyer et les conséquences psychologiques établies.
L’avocat identifie aussi le régime applicable — circulation, accident médical, infraction ou responsabilité civile — afin d’adresser la demande au bon assureur, au fonds compétent ou à la juridiction concernée.
Cette analyse complète le guide d’orientation selon la situation de la victime.
Réponses pratiques
Le concubin peut-il être indemnisé après un décès ?
Oui si la relation et le préjudice sont établis. Le lien affectif réel doit être documenté.
Les frais d’obsèques sont-ils compris dans le préjudice d’affection ?
Non. Ils constituent un poste patrimonial distinct qui doit être justifié.
Les héritiers récupèrent-ils les droits de la victime ?
L’action successorale peut transmettre les droits nés avant le décès, selon les circonstances et les préjudices établis.
Existe-t-il un montant automatique par membre de la famille ?
Non. Les référentiels ne remplacent pas l’évaluation individuelle du lien, des circonstances et des conséquences.
Faire analyser votre situation
Le premier échange permet d’identifier les preuves, le régime et les prochaines étapes utiles.