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Marseille — piéton renversé, incidence professionnelle

23 809 € après un piéton renversé, incidence professionnelle reconnue par le tribunal

Chirurgien-dentiste percuté en tant que piéton, Monsieur G. a obtenu du tribunal la reconnaissance de l'incidence professionnelle de ses séquelles, au-delà du rapport d'expertise initial.

Rédigé par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011

Résultat obtenu : 23 809 € en réparation du préjudice corporel, incluant 3 000 € au titre de l'incidence professionnelle.

Voie : Jugement TJ Marseille (2ᵉ chambre civile), juin 2023 — Assureur : MAAF Assurances

Le cadre juridique applicable : la protection renforcée du piéton par la loi Badinter

Le piéton victime d'un accident impliquant un véhicule terrestre à moteur bénéficie du régime le plus protecteur prévu par la loi Badinter du 5 juillet 1985. Sauf faute inexcusable, cause exclusive de l'accident, un piéton conserve son droit à réparation intégrale de son préjudice corporel — y compris, dans de nombreux cas, lorsqu'il a lui-même commis une imprudence (traversée hors passage protégé, par exemple), la faute simple du piéton n'étant en principe pas opposable aux piétons les plus vulnérables (mineurs, personnes âgées de plus de 70 ans, personnes titulaires d'un taux d'incapacité égal ou supérieur à 80 %).

L'assureur du véhicule impliqué doit présenter une offre d'indemnisation dans le délai légal de huit mois (article L.211-9 du code des assurances), sous peine de doublement du taux de l'intérêt légal prévu à l'article L.211-13 en cas de retard ou d'offre manifestement insuffisante.

Les faits

Monsieur G., piéton et chirurgien-dentiste de profession, a été percuté côté gauche, chutant au sol et subissant une fracture non déplacée de la malléole tibiale.

Le fond du droit : l'incidence professionnelle au-delà du rapport d'expertise

Le rapport d'expertise initial ne retenait pas d'incidence professionnelle. Maître Lionel SARFATI a néanmoins démontré, arguments à l'appui, que la profession de chirurgien-dentiste sollicite fortement le pied gauche (utilisation de pédales, station debout prolongée), justifiant la reconnaissance de ce poste de préjudice par le tribunal, malgré son absence du rapport médical.

Le résultat

Le tribunal judiciaire de Marseille a alloué 23 809 € à Monsieur G., incluant 3 000 € au titre de l'incidence professionnelle.

Comment le cabinet a construit ce résultat

Le dossier partait d’une situation concrète : Monsieur G., piéton et chirurgien-dentiste de profession, a été percuté côté gauche, chutant au sol et subissant une fracture non déplacée de la malléole tibiale. Le travail de Maître Lionel SARFATI s’est organisé autour de la protection du piéton, la preuve des circonstances, l’expertise médicale et le chiffrage séparé de chaque séquelle. L’objectif était de transformer les pièces médicales, professionnelles et assurantielles en une démonstration cohérente, sans réduire la victime à un taux d’incapacité.

Le point de discussion déterminant était le suivant : Le rapport d'expertise initial ne retenait pas d' incidence professionnelle . Maître Lionel SARFATI a néanmoins démontré, arguments à l'appui, que la profession de chirurgien-dentiste sollicite fortement le pied gauche (utilisation de pédales, station debout prolongée), justifiant la reconnaissance de ce poste de préjudice par le tribunal, malgré son absence du rapport médical. L’issue obtenue doit être lue à la lumière de cette stratégie : Le tribunal judiciaire de Marseille a alloué 23 809 € à Monsieur G., incluant 3 000 € au titre de l'incidence professionnelle.

Les postes de préjudice indemnisables dans ce type de dossier

L'évaluation du préjudice corporel d'une victime repose en France sur la nomenclature Dintilhac, qui distingue les préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux, temporaires et permanents. Dans ce type de dossier, plusieurs postes doivent en principe être examinés poste par poste, sans confusion ni globalisation forfaitaire :

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) — la gêne dans les actes de la vie courante pendant la période de soins, jusqu'à la consolidation.
  • Déficit fonctionnel permanent (DFP / AIPP) — les séquelles définitives, exprimées en taux d'atteinte à l'intégrité physique et psychique.
  • Souffrances endurées (pretium doloris) — les douleurs physiques et morales supportées de l'accident à la consolidation.
  • Préjudice esthétique — temporaire et permanent, apprécié indépendamment du DFP.
  • Préjudice d'agrément — l'impossibilité ou la limitation de la pratique d'activités sportives ou de loisirs antérieures à l'accident.
  • Incidence professionnelle — la perte de chance professionnelle, la dévalorisation sur le marché du travail ou la pénibilité accrue au poste de travail.
  • Perte de gains professionnels futurs — lorsque les séquelles empêchent la reprise d'une activité identique ou équivalente.
  • Assistance par tierce personne — temporaire ou définitive, pour les actes de la vie quotidienne que la victime ne peut plus accomplir seule.
  • Préjudice de stress post-traumatique — reconnu au titre des souffrances endurées ou, selon les cas, d'un poste spécifique lorsqu'il est objectivé par l'expertise psychiatrique.

Chaque poste doit être chiffré individuellement, sur la base du rapport d'expertise médicale, des pièces justificatives produites par la victime et, le cas échéant, du référentiel indicatif de la Cour d'appel compétente. Une évaluation globale et non détaillée du préjudice constitue souvent un indice d'indemnisation insuffisante.

Pourquoi être assisté par Maître Lionel SARFATI, avocat en dommage corporel à Marseille

Maître Lionel SARFATI est avocat au Barreau de Marseille, spécialisé en droit du dommage corporel. Il intervient exclusivement pour la défense des victimes — jamais pour le compte des assureurs — dans les dossiers de type « accident piéton », à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône et plus largement en région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA). Cette pratique, centrée sur l'indemnisation des victimes de dommage corporel, lui permet de maîtriser à la fois les aspects juridiques, médicaux et assurantiels propres à ce type de dossier : lecture critique des rapports d'expertise, chiffrage des différents postes de préjudice selon la nomenclature Dintilhac, discussion technique avec les médecins-conseils des compagnies d'assurance, et négociation ou contentieux lorsque l'offre proposée est insuffisante.

Consulter un avocat spécialisé en dommage corporel dès les premières démarches permet à la victime d'éviter les pièges les plus fréquents : signer une transaction hâtive sur la base d'une offre sous-évaluée, se présenter seule à l'expertise médicale sans être assistée d'un médecin-conseil de victime, ou laisser expirer des délais qui conditionnent parfois le droit à indemnisation intégrale.

Résultat anonymisé, présenté avec l'accord du client et dans le respect de sa confidentialité. Les résultats passés ne préjugent pas de l'issue d'un autre dossier, chaque situation dépendant de circonstances de fait qui lui sont propres.

FAQ

Questions fréquentes

Un poste de préjudice non retenu par l'expert peut-il être obtenu devant le tribunal ?

Oui, à condition de démontrer, par d'autres éléments que le seul rapport d'expertise, l'existence réelle du préjudice invoqué — c'est le rôle de l'argumentation juridique développée devant le tribunal.

L'incidence professionnelle dépend-elle du métier exercé ?

Oui, elle s'apprécie au regard des gestes et postures spécifiquement requis par la profession de la victime, ce qui explique que des séquelles identiques puissent avoir un impact professionnel très différent selon le métier exercé.

Combien de temps un dossier de piéton blessé met-il à se conclure ?

La durée dépend de la gravité des blessures et du délai de consolidation médicale. Des provisions peuvent être sollicitées avant l'indemnisation définitive, notamment en cas de traumatisme sévère nécessitant une prise en charge prolongée.

Un piéton traversant hors des clous peut-il tout de même être indemnisé ?

Oui, dans la grande majorité des cas. La loi Badinter protège fortement le piéton : seule une faute inexcusable, cause exclusive de l'accident, peut exclure ou réduire son droit à indemnisation — une notion appréciée strictement par les tribunaux.

Les enfants et les personnes âgées bénéficient-ils d'une protection particulière ?

Oui. Les mineurs, les personnes âgées de plus de 70 ans au moment de l'accident et les personnes titulaires d'un taux d'incapacité au moins égal à 80 % ne peuvent, sauf recherche volontaire du dommage, se voir opposer leur propre faute, quelle qu'elle soit.

Vos séquelles affectent votre activité professionnelle ?

Ce préjudice peut être défendu même si l'expertise ne le mentionne pas.

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