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Infection nosocomiale · Établissement · ONIAM · CCI

Infection nosocomiale : responsabilité et indemnisation de la victime

Une infection apparue au cours ou à la suite de soins peut ouvrir droit à indemnisation sans qu’une faute médicale soit nécessairement démontrée. L’expertise doit établir son caractère nosocomial, son lien avec les soins et ses conséquences ; la gravité du dommage et les circonstances déterminent ensuite si l’indemnisation relève de l’établissement, de son assureur ou de l’ONIAM.

Rédigé par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011 · Mis à jour le · Présentation et liens actualisés le

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Sommaire de la page
  1. Infection nosocomiale : prouver l’origine des soins et identifier le payeur
  2. Quand une infection est-elle considérée comme nosocomiale ?
  3. Qui doit indemniser la victime ?
  4. Comment démontrer le caractère nosocomial ?
  5. Quelles infections associées aux soins sont concernées ?
  6. Quand saisir la CCI pour une infection nosocomiale ?
  7. Que doit couvrir l’indemnisation ?
  8. 40 754,22 € après une infection post-opératoire
  9. Le rôle de l’avocat et du médecin-conseil
  10. Prévention, diagnostic et traitement : quelles fautes rechercher ?
  11. Prothèse, infections successives et état antérieur
  12. Comment éviter une indemnisation incomplète ?
  13. Questions fréquentes sur les infections nosocomiales
  14. Une infection est apparue après vos soins ?
Infection associée aux soins

Infection nosocomiale : prouver l’origine des soins et identifier le payeur

Une infection survenue après une hospitalisation, une opération, la pose d’une prothèse ou un acte ambulatoire peut provoquer des réinterventions, une antibiothérapie prolongée, une perte de fonction ou un décès. Pour être indemnisée, la victime doit établir le caractère nosocomial, les dommages et leur lien avec l’infection. Le payeur dépend ensuite du lieu de soins, de la gravité et d’éventuelles fautes.

À retenir

  • une infection survenue au cours ou au décours des soins, qui n’était ni présente ni en incubation au début de la prise en charge, est regardée comme nosocomiale sauf autre origine établie ;
  • l’établissement de santé est responsable de plein droit, sauf cause étrangère ;
  • l’ONIAM prend en charge les infections ayant causé le décès ou une atteinte permanente supérieure à 25 % ;
  • un germe provenant de la flore du patient n’exclut pas automatiquement le caractère nosocomial ;
  • la chronologie, les prélèvements et le dossier de surveillance sont déterminants.
Faire analyser gratuitement l’origine de l’infection
Définition

Quand une infection est-elle considérée comme nosocomiale ?

Selon la définition retenue par la Cour de cassation, une infection survenue au cours ou au décours de la prise en charge et qui n’était ni présente ni en incubation au début de celle-ci est regardée comme nosocomiale, sauf s’il est établi qu’elle a une autre origine que la prise en charge. Pour les infections du site opératoire, le délai d’apparition est apprécié au regard de l’acte, du germe, de la présence d’un implant et des données médicales, sans qu’une règle temporelle unique suffise à trancher tous les dossiers.

Jurisprudence officielle : Cour de cassation, 1re chambre civile, 4 septembre 2024, n° 23-14.684.

Infection endogène ou exogène

Le germe peut provenir de l’environnement, du matériel, d’un autre patient ou de la flore propre de la victime. Une origine endogène ne supprime pas le caractère nosocomial lorsque les soins ont créé la porte d’entrée ou favorisé l’infection. La question juridique n’est pas seulement « d’où vient le germe ? », mais « l’infection a-t-elle été acquise à l’occasion de la prise en charge ? ».

Colonisation, contamination ou infection

La présence d’un micro-organisme ne constitue pas toujours une infection clinique. L’expert examine les signes, prélèvements, inflammation, traitements et conséquences. Inversement, une culture négative après antibiothérapie n’exclut pas nécessairement une infection lorsque l’ensemble du dossier est concordant.

Infection présente avant l’hospitalisation

Si l’infection était déjà présente ou en incubation, elle peut ne pas être nosocomiale. Mais une faute peut avoir aggravé la situation : retard de diagnostic, antibiothérapie inadaptée, défaut de drainage ou surveillance insuffisante. Il faut donc analyser séparément l’origine et la qualité de la prise en charge.

Responsabilité

Qui doit indemniser la victime ?

Établissement de santé

Les établissements, services et organismes dans lesquels sont réalisés des actes de prévention, de diagnostic ou de soins sont responsables des dommages résultant d’infections nosocomiales sauf s’ils rapportent la preuve d’une cause étrangère. La victime n’a pas à démontrer une faute d’hygiène pour engager ce régime.

ONIAM pour les infections les plus graves

La solidarité nationale prend en charge les dommages correspondant aux infections nosocomiales ayant entraîné le décès ou une atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique supérieure à 25 %. L’ONIAM peut ensuite exercer un recours contre l’établissement en cas de faute, notamment un manquement caractérisé aux obligations de prévention.

Texte officiel : article L. 1142-1-1 du Code de la santé publique.

Professionnel libéral

Le régime de responsabilité sans faute applicable aux établissements ne se transpose pas automatiquement au praticien libéral. Une faute dans l’asepsie, la surveillance ou le traitement peut devoir être démontrée. Lorsque l’acte est réalisé en clinique, il faut distinguer la responsabilité de l’établissement de celle du chirurgien ou autre praticien. Si le dommage est attribué au geste lui-même plutôt qu’à l’infection, consultez le guide consacré à l’erreur chirurgicale et à sa preuve.

Produit ou dispositif défectueux

Une prothèse, un implant, un médicament ou un dispositif peut être impliqué. Le fabricant, le fournisseur, l’établissement et les professionnels peuvent relever de régimes différents. La conservation des références, numéros de lot, signalements et analyses est essentielle.

Cause étrangère

L’établissement ne s’exonère pas simplement en démontrant qu’il a respecté ses protocoles ou que le germe appartient à la flore du patient. La cause étrangère répond à des exigences strictes qui doivent être examinées au cas par cas.

Preuve

Comment démontrer le caractère nosocomial ?

1

État initial

Rechercher l’absence de signe infectieux, les examens préopératoires et les facteurs de risque avant les soins.

2

Chronologie

Dater l’intervention, les symptômes, prélèvements, traitements, réhospitalisations et éventuelles reprises.

3

Microbiologie

Analyser les germes, antibiogrammes, prélèvements multiples et effets des antibiotiques déjà administrés.

4

Causalité

Relier l’infection aux séquelles en distinguant maladie initiale, complications infectieuses et traitements nécessaires.

Les documents à demander

  • dossier médical et infirmier complet ;
  • compte rendu opératoire et feuille d’anesthésie ;
  • courbes de température et feuilles de surveillance ;
  • résultats biologiques, bactériologiques et antibiogrammes ;
  • prescriptions et administrations d’antibiotiques ;
  • traçabilité des implants, cathéters et dispositifs ;
  • avis infectiologique, réunions de concertation et signalements internes ;
  • dossiers des réhospitalisations et soins à domicile.

Utiliser le modèle détaillé de demande de dossier médical.

Le rôle de l’expertise

L’expert donne un avis médical sur la présence éventuelle de l’infection au départ, son lien avec les soins, la part des dommages qui lui est imputable et l’existence d’une éventuelle aggravation fautive. Il évalue également les taux et durées utiles à l’identification du régime. La CCI ou le juge conserve la qualification juridique. Un infectiologue, chirurgien, microbiologiste ou autre sapiteur peut être nécessaire.

Situations

Quelles infections associées aux soins sont concernées ?

Infection du site opératoire

Plaie, abcès, infection profonde, désunion ou infection d’organe après chirurgie, avec ou sans reprise.

Prothèse infectée

Hanche, genou, matériel rachidien, implant dentaire ou autre dispositif nécessitant lavage, retrait ou remplacement.

Infection sur cathéter

Bactériémie ou septicémie liée à une voie veineuse, un port-à-cath ou un autre accès invasif.

Infection urinaire

Après sondage, intervention ou hospitalisation, avec discussion de la chronologie et des facteurs préexistants.

Infection respiratoire

Pneumonie associée à la ventilation ou survenue dans un contexte de soins lourds.

Infection après acte ambulatoire

Endoscopie, injection, dialyse, soins dentaires ou chirurgie ambulatoire peuvent aussi être concernés.

Retard de diagnostic de l’infection

Une infection nosocomiale peut être indemnisable au titre du régime objectif. Un retard à la diagnostiquer ou à la traiter peut constituer une faute distincte s’il s’écarte de la conduite attendue et a causé une aggravation ou une perte de chance de la limiter. L’expert doit alors évaluer ce qu’une intervention plus rapide aurait pu éviter.

Échec du traitement

L’échec d’un antibiotique n’est pas automatiquement fautif. Il faut examiner le choix initial, les prélèvements, l’adaptation à l’antibiogramme, la diffusion du médicament, la nécessité d’un drainage ou du retrait d’un matériel et la réaction à l’aggravation.

CCI et seuils

Quand saisir la CCI pour une infection nosocomiale ?

La CCI du lieu des soins peut être saisie en règlement amiable lorsque l’infection a causé un dommage suffisamment grave : atteinte permanente supérieure à 24 %, arrêt temporaire des activités professionnelles ou déficit fonctionnel temporaire d’au moins 50 % pendant six mois consécutifs ou six mois non consécutifs sur douze mois, inaptitude définitive ou, à titre exceptionnel, troubles particulièrement graves dans les conditions d’existence.

La commission désigne un expert, rend un avis et identifie le régime d’indemnisation. Si l’atteinte permanente ne dépasse pas 25 %, l’établissement peut rester responsable : l’absence d’intervention de l’ONIAM n’efface pas son régime de plein droit. Si l’infection cause une atteinte permanente supérieure à 25 % ou le décès, l’ONIAM intervient au titre de l’article L. 1142-1-1.

Si le seuil CCI n’est pas atteint

La responsabilité de l’établissement n’est pas supprimée. Une demande amiable ou judiciaire peut être engagée. La CCI peut également intervenir en conciliation sans conduire la procédure indemnitaire de règlement amiable.

Offre et substitution

Après l’avis, l’assureur ou l’ONIAM présente l’offre selon la répartition retenue. Si l’assureur refuse ou garde le silence, la substitution de l’ONIAM peut être demandée dans les cas prévus. La victime doit vérifier que toutes les périodes de soins, réinterventions et séquelles infectieuses sont incluses.

Préjudices

Que doit couvrir l’indemnisation ?

L’infection peut prolonger l’hospitalisation, imposer des opérations, une antibiothérapie et des soins à domicile, entraîner un arrêt de travail, une aide humaine et des séquelles définitives. Chaque conséquence imputable doit être isolée de celles de la maladie ou de l’intervention initiale.

Coûts et pertes

Dépenses de santé, transports, assistance, pertes de gains, frais de logement ou matériel adapté et incidence professionnelle.

Atteintes temporaires

Hospitalisations, déficit fonctionnel temporaire, souffrances, préjudice esthétique temporaire et perte d’autonomie.

Séquelles

Déficit permanent, douleurs, limitation, préjudice esthétique, agrément, sexuel et conséquences personnelles exceptionnelles.

Décès et préjudices des proches

Les ayants droit peuvent demander les préjudices subis par la victime avant son décès ainsi que leurs propres préjudices : frais d’obsèques, pertes de revenus, affection et accompagnement. La chronologie entre infection, défaillances et décès doit être médicalement établie.

Aggravation

Une rechute infectieuse, le retrait ultérieur d’une prothèse ou une aggravation fonctionnelle nouvelle peut ouvrir une demande complémentaire si elle n’était pas comprise dans l’évaluation initiale. Conservez les cultures, imageries et décisions thérapeutiques postérieures.

Résultat du cabinet

40 754,22 € après une infection post-opératoire

Après une chirurgie esthétique réalisée à l’étranger, une infection sévère à Proteus mirabilis a nécessité une hospitalisation à Marseille. La voie contre le chirurgien étranger étant incertaine, le cabinet a mobilisé une garantie française « accident médical » couvrant la victime.

L’expertise et le chiffrage ont permis d’obtenir 40 754,22 € nets, incluant notamment un préjudice sexuel et un préjudice exceptionnel. Ce dossier rappelle qu’il faut rechercher tous les payeurs potentiels : établissement, praticien, ONIAM, assurance personnelle ou garantie contractuelle.

Lire le dossier anonymisé.

Accompagnement

Le rôle de l’avocat et du médecin-conseil

Maître Lionel SARFATI recherche les pièces, identifie le régime applicable, met en cause les acteurs, choisit la voie CCI ou judiciaire et prépare l’expertise avec un médecin-conseil. Après le rapport, il discute le caractère nosocomial, la part d’aggravation fautive, le payeur et chaque poste de préjudice.

Le premier rendez-vous doit permettre d’identifier la date des soins, l’apparition des symptômes, le germe, les traitements et l’état actuel. Apportez les comptes rendus, résultats bactériologiques, ordonnances, photographies, arrêts et courriers des assureurs. La première évaluation est gratuite et confidentielle.

Faute d’aggravation

Prévention, diagnostic et traitement : quelles fautes rechercher ?

Le régime sans faute de l’établissement dispense la victime de prouver un manquement pour obtenir réparation d’une infection nosocomiale relevant de ce régime. Mais la recherche d’une faute reste importante : elle peut expliquer une aggravation, répartir les responsabilités, justifier un recours de l’ONIAM ou concerner un professionnel libéral.

Avant et pendant l’acte

L’expertise peut examiner l’indication de l’intervention, la préparation cutanée, l’antibioprophylaxie, la stérilisation, la gestion des dispositifs invasifs et la traçabilité. Une non-conformité au protocole ne suffit pas toujours à expliquer l’infection, mais elle doit être discutée avec la causalité et les données microbiologiques.

Après l’acte

Les signes d’alerte — fièvre, douleur croissante, écoulement, inflammation, anomalie biologique — doivent être détectés et traités. Une sortie sans consignes, des appels non suivis, un prélèvement tardif ou une reprise retardée peuvent augmenter les séquelles. La victime peut alors invoquer le dommage initial lié à l’infection et une perte de chance de limiter son aggravation.

Choix de l’antibiothérapie

L’antibiothérapie probabiliste doit être adaptée au contexte puis réévaluée à partir des cultures et de l’antibiogramme. La dose, la diffusion au site infecté, les allergies, la fonction rénale et la durée sont examinées. Pour une infection sur matériel, les antibiotiques seuls peuvent être insuffisants si un lavage, drainage ou retrait était indiqué.

Information du patient

L’information sur le risque infectieux ne retire pas le droit à indemnisation. Elle peut toutefois faire l’objet d’un débat autonome si le patient n’a pas été informé d’un risque grave normalement prévisible, des alternatives ou des signes imposant une consultation urgente.

Cas complexes

Prothèse, infections successives et état antérieur

Infection sur prothèse

Les infections sur matériel peuvent se déclarer tardivement et nécessiter une ou plusieurs reprises, parfois en deux temps. Il faut conserver la référence de la prothèse, les prélèvements peropératoires, les comptes rendus de lavage ou retrait et les décisions de réimplantation. Les périodes sans appui, l’aide humaine et la rééducation prolongée doivent être évaluées.

Plusieurs germes ou plusieurs hospitalisations

Une première infection peut être suivie d’une surinfection ou d’une nouvelle infection lors d’une reprise. L’expert doit déterminer si les épisodes forment une chaîne causale ou des événements distincts et identifier l’établissement concerné par chacun. Une répartition sommaire peut laisser une partie du dommage sans payeur.

Patient fragile ou immunodéprimé

Le diabète, l’immunodépression, l’obésité ou d’autres facteurs augmentent parfois le risque, mais ne constituent pas automatiquement une cause étrangère. L’état antérieur doit être pris en compte dans la causalité et l’évaluation sans effacer les conséquences propres de l’infection acquise pendant les soins.

Infection et maladie initiale

La victime aurait parfois subi une hospitalisation, une rééducation ou certaines limitations même sans infection. L’expertise reconstitue le scénario normal de l’intervention puis isole les jours supplémentaires, opérations, douleurs, pertes et séquelles infectieuses. Cette comparaison conditionne le chiffrage.

Infection contractée à l’étranger

La responsabilité du prestataire étranger dépend du droit et des juridictions applicables. Il faut néanmoins examiner les assurances personnelles, garanties voyage, GAV ou contrats « accident médical » souscrits en France. Le dossier obtenu à l’étranger doit être traduit lorsque nécessaire et complété par les soins réalisés en France.

Calcul de l’offre

Comment éviter une indemnisation incomplète ?

Le rapport doit séparer les conséquences de l’intervention initiale de celles de l’infection. L’offre doit ensuite reprendre les périodes exactes d’hospitalisation, de gêne, d’arrêt, d’aide humaine et de soins. Une consolidation trop précoce peut ignorer une rechute, une ablation de matériel ou une nouvelle chirurgie déjà envisagée.

Les frais futurs incluent notamment antibiothérapie, surveillance biologique, appareillage, soins de cicatrice, déplacements, aide et renouvellement éventuel d’un dispositif. L’incidence professionnelle ne se limite pas aux salaires perdus : fatigabilité, restrictions, reclassement, perte de carrière ou inaptitude doivent être documentés.

Lorsque plusieurs payeurs interviennent, exigez une présentation qui montre la part de chacun et le total. Les prestations de la CPAM et des mutuelles doivent être imputées selon leur nature, sans réduire les préjudices personnels non couverts.

Les conséquences psychologiques méritent aussi une évaluation autonome : peur d’une nouvelle hospitalisation, anxiété liée à une récidive, perte de confiance dans les soins ou stress post-traumatique après une réanimation. Elles doivent être suivies médicalement et reliées à l’épisode infectieux, sans être réduites aux seules souffrances physiques.

Avant d’accepter

Vérifiez que le germe, toutes les reprises, la date de consolidation, le taux permanent, l’aide humaine, l’activité professionnelle et les risques d’aggravation figurent dans le raisonnement. Une transaction acceptée ferme les recours pour les dommages qu’elle couvre.

FAQ

Questions fréquentes sur les infections nosocomiales

Qu’est-ce qu’une infection nosocomiale ?

Une infection survenue au cours ou au décours d’une prise en charge, ni présente ni en incubation au début de celle-ci, sauf s’il est établi qu’elle a une autre origine que les soins.

Faut-il prouver une faute d’hygiène ?

Non pour engager la responsabilité de principe d’un établissement. Celui-ci peut toutefois tenter de démontrer une cause étrangère.

Un germe provenant du patient exclut-il l’indemnisation ?

Non. Une infection endogène peut être nosocomiale lorsque les soins ont permis ou favorisé sa survenue.

Qui indemnise une infection nosocomiale ?

L’établissement ou son assureur en principe ; l’ONIAM lorsque l’infection cause le décès ou une atteinte permanente supérieure à 25 %.

Quel seuil entraîne l’intervention de l’ONIAM ?

Le régime spécifique de l’article L. 1142-1-1 vise le décès ou une atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique supérieure à 25 %.

Peut-on saisir la CCI avant consolidation ?

Oui lorsque les critères temporaires de gravité sont atteints. Une nouvelle expertise peut être prévue après stabilisation.

Une infection après une clinique privée est-elle indemnisable ?

Oui. Les établissements privés sont soumis au régime de responsabilité des infections nosocomiales, sous réserve des conditions et preuves.

Une infection après des soins ambulatoires peut-elle être nosocomiale ?

Oui, selon la nature de la structure et la relation avec l’acte. Le régime du payeur doit être analysé précisément.

Que faire si les prélèvements sont négatifs ?

L’expert examine l’antibiothérapie préalable, la clinique, les autres examens et la chronologie. Une culture négative n’exclut pas toujours l’infection.

Le retard de traitement constitue-t-il une faute distincte ?

Il peut l’être si ce retard n’était pas conforme à la conduite attendue et s’il a causé une aggravation ou une perte de chance de la limiter.

Quel délai pour agir ?

En principe dix ans à compter de la consolidation, mais il faut réunir rapidement les preuves microbiologiques et les dossiers.

Quels documents demander ?

Dossier complet, surveillance, bactériologie, antibiogrammes, prescriptions, administration des antibiotiques, traçabilité et dossiers des reprises.

Peut-on obtenir une provision ?

Oui lorsque le droit n’est pas sérieusement contestable et que les besoins sont justifiés, par voie amiable ou judiciaire selon le dossier.

Une aggravation infectieuse peut-elle être indemnisée plus tard ?

Oui si elle est nouvelle, médicalement constatée, imputable à l’infection et non comprise dans la première indemnisation.

Une infection est apparue après vos soins ?

Faites vérifier la chronologie, le caractère nosocomial et le payeur compétent.

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