Accident médical — Infection contractée lors de soins
Avocat infection nosocomiale à Marseille : faire reconnaître l’infection et obtenir réparation
Vous êtes entré pour une opération, vous en êtes ressorti avec une infection ? Reprises chirurgicales, antibiotiques pendant des mois, prothèse à changer, arrêt de travail qui s’éternise : une infection contractée à l’hôpital ou en clinique peut bouleverser des années de vie. La loi vous protège fortement : l’établissement en répond même sans faute, sauf à prouver une cause étrangère.
Maître Lionel SARFATI, avocat en dommage corporel à Marseille, défend exclusivement les victimes. Il fait établir le caractère nosocomial de l’infection, identifie qui doit payer — établissement, assureur ou ONIAM — et prépare l’expertise avec un médecin de recours pour que chaque conséquence de l’infection soit indemnisée.
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Depuis 2011au Barreau de Marseille
100 %dédié aux victimes
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À retenir
Pas besoin de prouver une faute d’hygiène : l’hôpital ou la clinique répond de l’infection nosocomiale, sauf s’il prouve une cause étrangère.
Depuis janvier 2026, la Cour de cassation le rappelle : une fois établi que l’infection est apparue au cours ou au décours des soins, la victime n’a pas à prouver un lien « direct et certain » ; c’est à l’établissement d’établir une autre origine.
Séquelles permanentes supérieures à 25 % ou décès : l’indemnisation est prise en charge par l’ONIAM au titre de la solidarité nationale. En dessous, l’établissement reste responsable.
Tout se joue à l’expertise : elle doit séparer les suites normales de l’opération des conséquences propres de l’infection.
Une infection est regardée comme nosocomiale lorsqu’elle survient au cours ou au décours d’une prise en charge et qu’elle n’était ni présente ni en incubation au début de celle-ci, sauf s’il est établi qu’elle a une autre origine que la prise en charge. Cette définition est retenue par le Conseil d’État (23 mars 2018, n° 402237) comme par la Cour de cassation (1re chambre civile, 4 septembre 2024) : elle s’applique donc aussi bien à l’hôpital public qu’à la clinique privée.
Concrètement, il s’agit le plus souvent d’une infection du site opératoire (cicatrice qui suinte, abcès, infection profonde), d’une infection sur prothèse de hanche ou de genou, d’une infection sur cathéter ou chambre implantable, d’une infection urinaire après sondage ou d’une pneumopathie en réanimation. Les germes en cause sont souvent le staphylocoque doré, d’autres staphylocoques, des entérobactéries ou des bactéries multirésistantes.
« Le germe venait de vous » : un argument qui ne suffit pas
C’est la réponse que reçoivent beaucoup de victimes : le germe proviendrait de leur propre peau ou de leur flore. Mais la question juridique n’est pas seulement de savoir d’où vient la bactérie ; elle est de savoir si l’infection a été acquise à l’occasion des soins. Lorsque l’opération a ouvert la porte d’entrée, une origine « endogène » n’écarte pas, à elle seule, le caractère nosocomial. De même, un diabète, un âge avancé ou une fragilité particulière ne constituent pas automatiquement une cause étrangère.
Les signes qui doivent vous alerter après une intervention
Fièvre, cicatrice rouge, chaude ou qui suinte, douleur qui augmente au lieu de diminuer, genou ou hanche qui gonfle, fatigue inhabituelle : consultez sans attendre et gardez une trace datée (photographies de la cicatrice, ordonnances, messages au service). Ces éléments serviront plus tard à reconstituer la chronologie, qui est au cœur de tout dossier.
Le « délai de 48 heures » n’est pas une règle de droit
On lit souvent qu’une infection n’est nosocomiale que si elle apparaît plus de 48 heures après l’admission. Ce chiffre est un repère épidémiologique, utilisé pour les enquêtes de surveillance, avec des délais plus longs pour une infection du site opératoire ou en présence d’une prothèse. Il ne lie ni l’expert ni le juge : la définition juridique retenue depuis 2018 ne fixe aucun délai. Une infection révélée quelques heures après une intervention, ou plusieurs mois après la pose d’un implant, peut être nosocomiale ; tout dépend du germe, de l’acte et de la chronologie.
Germes, types d’infection, services les plus touchés : les chiffres
La dernière enquête nationale de prévalence de Santé publique France (2022, plus de 150 000 patients dans 1 155 établissements) montre que 5,71 % des patients hospitalisés présentaient une infection nosocomiale le jour de l’enquête, soit environ un patient sur dix-huit. Ce chiffre était de 4,98 % en 2017.
Type d’infection
Part des infections
Ce qui compte pour votre dossier
Infection urinaire
28 %
Souvent liée à une sonde : la date de pose et de retrait, et les examens d’urine, sont essentiels.
Pneumonie
16,3 %
Fréquente en réanimation et sous ventilation ; elle peut aggraver lourdement un séjour.
Infection du site opératoire
14,3 %
Cicatrice, abcès, infection profonde ou sur prothèse : c’est le contentieux le plus courant.
Bactériémie (infection du sang)
12,1 %
Souvent liée à un cathéter ou à une chambre implantable ; risque de septicémie.
Source : Santé publique France, enquête nationale de prévalence 2022 (part relative des sites infectieux documentés).
Les germes les plus souvent en cause
Escherichia coli (22 % des germes isolés), principale cause des infections urinaires, parfois résistant aux antibiotiques usuels (entérobactéries productrices de BLSE) ;
le staphylocoque doré (12 %), en cause dans de nombreuses infections du site opératoire et sur prothèse, y compris dans sa forme résistante à la méticilline (SARM) ;
les entérocoques (Enterococcus faecalis, 7 %), Pseudomonas aeruginosa (7 %), très présent en réanimation, et Klebsiella pneumoniae (6 %) ;
Clostridioides difficile, responsable de diarrhées sévères, souvent après une antibiothérapie ;
les staphylocoques à coagulase négative (staphylocoque epidermidis) et Cutibacterium acnes, germes de la peau qui donnent des infections sur prothèse parfois tardives et discrètes. Le fait qu’ils viennent de la peau du patient ne retire pas, à lui seul, le caractère nosocomial.
Un germe multirésistant n’est pas en soi une faute de l’établissement, mais il allonge souvent les traitements et alourdit les séquelles : il faut donc le documenter avec l’antibiogramme.
Les services les plus touchés
Selon la même enquête, la proportion de patients infectés atteint 23,2 % en réanimation, contre 7,8 % en chirurgie, 6,8 % en médecine et 6,2 % en soins médicaux et de réadaptation. Elle est bien plus faible en obstétrique (0,8 %). Au sein de la médecine, l’hématologie est particulièrement exposée.
Les infections les plus graves
Les dossiers les plus lourds concernent la septicémie et le choc septique, l’endocardite (infection des valves cardiaques), la spondylodiscite après une chirurgie du rachis, la médiastinite après une chirurgie cardiaque, la méningite après une intervention neurochirurgicale, et l’infection chronique sur prothèse, qui peut imposer plusieurs changements de matériel, voire une arthrodèse ou une amputation. Ce sont aussi les situations où le seuil de 25 % peut être dépassé, et où l’ONIAM devient le payeur.
Peut-on guérir d’une infection nosocomiale ?
Le plus souvent, oui : l’antibiothérapie, associée si nécessaire à une reprise chirurgicale, permet la guérison. Mais guérir ne veut pas dire ne rien avoir subi. Les semaines d’hospitalisation supplémentaires, les reprises, les souffrances, l’arrêt de travail et l’aide des proches restent indemnisables, même sans séquelle définitive. Et certaines infections laissent des séquelles durables : raideur, douleurs chroniques, boiterie, fatigue, retentissement psychologique.
Qui doit vous indemniser ?
La réponse dépend de trois éléments : le lieu des soins, la gravité des séquelles et, dans certains cas seulement, l’existence d’une faute.
Situation
Qui indemnise ?
Faut-il prouver une faute ?
Infection contractée dans un hôpital ou une clinique, séquelles permanentes jusqu’à 25 %
L’établissement et son assureur (article L. 1142-1 du Code de la santé publique)
Non : seule la preuve d’une cause étrangère l’exonère
Séquelles permanentes supérieures à 25 % ou décès
L’ONIAM, au titre de la solidarité nationale (article L. 1142-1-1)
Non ; l’ONIAM peut ensuite se retourner contre l’établissement en cas de faute établie
Infection après des soins en cabinet libéral (médecin, dentiste…)
Le professionnel et son assureur
Oui en principe ; à défaut de faute, l’ONIAM peut indemniser au titre de l’aléa thérapeutique si le dommage est anormal et d’une gravité suffisante
Infection après une chirurgie réalisée à l’étranger
Le plus souvent selon le droit du pays de l’intervention ; un juge français peut parfois être saisi
Variable : vos contrats personnels peuvent indemniser sans débat sur la faute
Le seuil de 25 % n’est pas un plafond pour la victime
Beaucoup de victimes pensent qu’en dessous de 25 % d’atteinte permanente, « l’ONIAM ne paie pas, donc personne ne paie ». C’est faux : sous ce seuil, la responsabilité sans faute de l’établissement continue de s’appliquer. Dans le dossier présenté plus bas, le déficit permanent imputable à l’infection a été fixé à 12 % ; l’ONIAM n’a pas eu à intervenir et c’est l’hôpital qui a été condamné.
Un retard de diagnostic ou de traitement peut s’ajouter
L’infection elle-même relève de la responsabilité sans faute. Mais un retard à la diagnostiquer, une antibiothérapie inadaptée ou une reprise chirurgicale trop tardive peuvent constituer des fautes distinctes, qui aggravent les séquelles. Elles comptent pour la répartition entre payeurs et pour l’éventuel recours de l’ONIAM contre l’établissement.
L’arrêt du 7 janvier 2026 : la preuve pèse sur l’établissement
Dans un arrêt publié au Bulletin (Cass. 1re civ., 7 janvier 2026, n° 24-20.829), la Cour de cassation a censuré une cour d’appel qui avait refusé d’indemniser un patient au motif qu’il ne prouvait pas de lien « direct et certain » entre son infection et les soins reçus. Il s’agissait d’une infection du site opératoire survenue quelques jours après la pose d’une prothèse de genou ; l’expert avait évoqué plusieurs hypothèses, dont une contamination lors de soins infirmiers à domicile.
La Cour rappelle la règle : une fois l’infection qualifiée de nosocomiale, c’est à l’établissement de démontrer une cause étrangère. Une simple hypothèse, comme une contamination « possible » après la sortie, ne suffit pas à l’exonérer. Cet arrêt est précieux en expertise comme devant le juge : il recentre le débat sur ce que l’établissement est capable de prouver, et non sur ce que la victime ne peut pas démontrer.
Expérience du cabinet
Un dossier du cabinet : douze ans d’efforts, une responsabilité de l’hôpital reconnue
Infection sur prothèse de genou · Tribunal administratif · Jugement rendu en 2026
Le point de départ. En 2014, un agent d’une collectivité publique, âgé d’une cinquantaine d’années et déjà porteur d’une prothèse de genou, chute en se rendant à son travail (accident de service). Fracture du fémur juste au-dessus de la prothèse : il est opéré dans un centre hospitalier public, où une plaque est posée. Trois semaines plus tard, la cicatrice laisse s’écouler du pus. La reprise chirurgicale isole un staphylocoque doré dans tous les prélèvements profonds.
Quatre années de soins. Cinq reprises chirurgicales, dont le changement de la prothèse en deux temps puis une nouvelle reprise dans un CHU, deux ponctions, des antibiothérapies lourdes et prolongées, une chambre implantable, des mois en fauteuil et avec des cannes, et un épisode dépressif. L’état n’est consolidé qu’en novembre 2018.
Le travail du dossier. Quatre expertises judiciaires ordonnées en référé entre 2017 et 2022, confiées à un médecin spécialiste de l’hygiène hospitalière et à un chirurgien orthopédiste, avec l’avis d’un psychiatre désigné comme sapiteur, et l’assistance de médecins de recours aux côtés de la victime. Le caractère nosocomial n’a pas été contesté par l’hôpital, qui n’a invoqué aucune cause étrangère. Le débat s’est concentré sur ce qui revenait à l’infection, et à elle seule.
La décision. Par un jugement rendu en 2026, le tribunal administratif retient la responsabilité sans faute de l’établissement. Le déficit permanent imputable à l’infection étant de 12 %, sous le seuil de 25 %, l’ONIAM n’a pas à intervenir : c’est l’hôpital qui est condamné à indemniser.
Poste de préjudice
Évaluation médicale
Somme allouée
Assistance par une tierce personne (avant consolidation)
De 2 h à 3 h par jour, puis 5 h par semaine, sur plus de quatre ans
environ 35 000 €
Souffrances endurées
5,5 sur 7
20 000 €
Déficit fonctionnel permanent
12 %, à 59 ans
15 000 €
Déficit fonctionnel temporaire
Total puis partiel, de 2014 à 2018
11 800 €
Préjudices esthétiques temporaire et permanent
3 sur 7 puis 1 sur 7
2 000 €
Préjudice d’agrément
Gêne au jardinage et à la marche prolongée
1 000 €
Total pour la victime
environ 85 000 €
S’y ajoutent 6 000 € au titre des frais de procédure, qui couvrent notamment les honoraires des médecins de recours, et la totalité des frais d’expertise (plus de 21 000 €) mise à la charge de l’hôpital. L’employeur public, qui avait pris en charge les soins et maintenu le traitement de son agent, a obtenu de son côté plus de 400 000 € : au total, plus de 520 000 € ont été mis à la charge de l’établissement.
Dossier anonymisé. Les montants sont propres à cette affaire et ne préjugent pas de l’indemnisation d’une autre victime.
Ce que ce dossier enseigne
L’état antérieur ne fait pas disparaître le droit à indemnisation. Le genou avait déjà été opéré et restait douloureux. Les experts ont isolé ce qui relevait de l’infection seule : c’est ce travail de tri, et non l’existence d’antécédents, qui fixe l’indemnisation.
Les experts comparent avec un parcours « normal ». Ils ont estimé à six mois la convalescence qu’aurait entraînée l’opération sans infection, puis l’ont déduite. Il faut donc documenter précisément tout ce qui dépasse ce scénario.
L’aide humaine pèse lourd. L’assistance par une tierce personne est ici le premier poste de la victime. Les heures d’aide, y compris celles apportées par la famille sans rémunération, doivent être décrites dès le début.
Le médecin de recours fait la différence en expertise. Il a notamment obtenu qu’un psychiatre soit désigné comme sapiteur, pour évaluer le retentissement psychologique de ces années de soins.
La persévérance compte. Une infection grave peut demander des années avant la consolidation. Le délai pour agir — dix ans à compter de la consolidation — laisse le temps de construire un dossier solide, à condition de conserver les preuves dès le départ.
Votre situation ressemble à celle-ci ? Décrivez-moi les dates de l’opération, des premiers symptômes et des reprises : je vous dis quelles démarches engager.
Autre exemple, sur un tout autre terrain : après une infection sévère consécutive à une chirurgie esthétique réalisée à l’étranger, la victime a obtenu 40 754,22 € grâce à une garantie « accident médical » qu’elle avait souscrite en France, sans attendre une procédure incertaine contre le chirurgien étranger.
Hôpital public ou clinique privée : quel juge, quelle procédure ?
Le régime de responsabilité est le même, mais le chemin diffère selon la nature de l’établissement. Une troisième voie, amiable et gratuite, existe pour les dossiers les plus graves.
Voie
Pour quels dossiers ?
Ce qu’il faut savoir
Tribunal administratif
Infection contractée dans un hôpital public
L’expertise, puis une provision, peuvent être demandées en référé sans formalité préalable. Avant de saisir le tribunal au fond, une demande indemnitaire doit être adressée à l’hôpital.
Tribunal judiciaire
Infection contractée dans une clinique privée
L’expertise et une provision peuvent être obtenues en référé, avant le procès au fond.
Commission de conciliation et d’indemnisation (CCI)
Dommages d’une certaine gravité, quel que soit l’établissement
Procédure gratuite. Il faut notamment une atteinte permanente supérieure à 24 %, un arrêt de travail ou un déficit temporaire d’au moins 50 % pendant six mois sur douze, ou une inaptitude définitive à son métier.
Devant la CCI, un expert est désigné et la commission rend un avis. L’assureur de l’établissement dispose alors de quatre mois pour faire une offre ; s’il refuse ou se tait, l’ONIAM peut se substituer à lui. La CCI ne convient pas à tous les dossiers : le choix entre voie amiable et voie judiciaire se fait au cas par cas, en fonction de la gravité, des preuves et de l’urgence financière. Pour le détail, voir la procédure devant la CCI et l’ONIAM.
Le délai pour agir est de dix ans à compter de la consolidation, que l’établissement soit public ou privé. Ce délai long ne doit pas faire perdre de vue l’essentiel : les preuves, elles, se perdent vite.
Les preuves à réunir
La chronologie est la colonne vertébrale du dossier. Demandez sans attendre l’intégralité de votre dossier médical à chaque établissement concerné, en utilisant si besoin le modèle de demande de dossier médical. L’établissement doit vous le communiquer dans les huit jours suivant la demande (et au plus tôt après un délai de réflexion de 48 heures), ou dans les deux mois lorsque les informations datent de plus de cinq ans ou que la commission des usagers est saisie (article L. 1111-7 du Code de la santé publique). En cas de décès, les proches peuvent y accéder pour connaître les causes de la mort ou faire valoir leurs droits.
Auprès de l’établissement
compte rendu opératoire et feuille d’anesthésie ;
courbes de température et dossier de soins infirmiers ;
résultats bactériologiques et antibiogrammes ;
prescriptions et administrations d’antibiotiques ;
comptes rendus de chaque reprise chirurgicale.
De votre côté
photographies datées de la cicatrice ;
ordonnances, arrêts de travail et bulletins de salaire ;
factures et frais restés à votre charge ;
attestations des proches qui vous ont aidé ;
courriers de l’établissement et de son assureur.
L’expertise médicale, où tout se joue
C’est l’expert qui dira si l’infection est nosocomiale, à quelle date l’état est consolidé et quelles séquelles lui sont imputables. Trois questions décident le plus souvent du montant final :
Le partage avec l’état antérieur : antécédents sur l’articulation, maladie initiale, autres pathologies. Tout ce qui n’est pas clairement relié à l’infection risque d’être écarté.
Le scénario « sans infection » : les experts déduisent l’hospitalisation et la convalescence que l’opération aurait de toute façon entraînées. Cette déduction doit être discutée, chiffres à l’appui.
Les spécialités nécessaires : un infectiologue ou un spécialiste de l’hygiène hospitalière, un chirurgien et parfois un psychiatre. L’absence d’un spécialiste peut laisser un préjudice sans évaluation.
C’est pourquoi je recommande, lorsque les enjeux le justifient, l’assistance d’un médecin de recours à vos côtés. Il prépare les doléances, discute la chronologie et l’état antérieur, et veille à ce que les répercussions personnelles et professionnelles ne soient pas oubliées. Voir aussi le guide de l’expertise médicale.
Ce qui doit être indemnisé
L’indemnisation suit la nomenclature Dintilhac, poste par poste. Pour une infection nosocomiale, plusieurs postes sont souvent sous-estimés :
l’aide humaine apportée par les proches pendant les mois de convalescence ;
les souffrances endurées, au regard du nombre de reprises, des ponctions et des antibiothérapies ;
le déficit fonctionnel temporaire, période par période ;
les pertes de revenus et l’incidence professionnelle, jusqu’à l’inaptitude ou la retraite anticipée ;
le retentissement psychologique, à faire évaluer par un spécialiste ;
en cas de décès, les préjudices propres des proches et les frais d’obsèques.
Les prestations de la Sécurité sociale ou d’un employeur public sont déduites, poste par poste, des seuls préjudices qu’elles réparent (frais de soins, pertes de revenus), et l’organisme en réclame le remboursement au responsable. Elles ne peuvent pas être imputées sur vos préjudices personnels, comme les souffrances endurées. Une provision peut être demandée avant la consolidation lorsque le droit à indemnisation n’est pas sérieusement contestable.
Quel montant d’indemnisation espérer ?
Il n’existe aucun barème légal ni forfait pour une infection nosocomiale. Le montant dépend de ce que l’expertise impute à l’infection, et à elle seule, puis de la valorisation de chaque poste. Quelques repères pour comprendre :
Le déficit fonctionnel permanent se chiffre en points, dont la valeur diminue avec l’âge : à taux égal, une victime jeune est mieux indemnisée.
Les souffrances endurées sont cotées sur 7 ; plusieurs reprises chirurgicales et de longues antibiothérapies conduisent souvent à des cotations élevées.
Les postes économiques (aide humaine, pertes de revenus, incidence professionnelle) dépassent souvent les postes personnels lorsque la convalescence dure des mois.
L’ONIAM applique son propre référentiel pour faire ses offres. Une offre, qu’elle vienne de l’ONIAM ou de l’assureur d’un établissement, se compare toujours à ce que retiendrait un tribunal avant d’être acceptée.
À titre d’exemples tirés des dossiers du cabinet : environ 85 000 € pour la victime dans le dossier d’infection sur prothèse présenté plus haut (12 % de déficit permanent, plus de 400 000 € versés en plus à l’employeur public), et 40 754,22 € après une infection consécutive à une chirurgie esthétique (8 % de déficit permanent). Une infection guérie sans séquelle peut donner lieu à une indemnisation plus modeste, mais rarement négligeable si l’hospitalisation a été prolongée. Une offre d’indemnisation insuffisante se discute, et se refuse.
Les situations les plus fréquentes
Prothèse de hanche ou de genou
Infection précoce ou tardive, lavage, changement de prothèse en un ou deux temps, longues périodes sans appui.
Infection du site opératoire
Cicatrice qui suinte, abcès, désunion, reprise chirurgicale après une chirurgie digestive, cardiaque ou orthopédique.
Cathéter et chambre implantable
Septicémie liée à une voie veineuse, à une chambre implantable ou à un autre dispositif invasif.
Réanimation et soins lourds
Pneumopathie, infection urinaire sur sonde, bactérie multirésistante pendant une hospitalisation prolongée.
Chirurgie esthétique
Information renforcée, infection après liposuccion ou abdominoplastie, garanties personnelles à mobiliser.
Décès d’un proche
Prise en charge par l’ONIAM, préjudices des proches et préjudices subis par la victime avant son décès.
Si le dommage tient au geste opératoire lui-même plutôt qu’à l’infection, consultez la partie consacrée à l’erreur chirurgicale.
Être indemnisé à Marseille et en Provence
Pour une infection contractée dans un établissement de Marseille ou de la région, les interlocuteurs sont les suivants :
Hôpital public
Pour un hôpital public des Bouches-du-Rhône, dont les établissements de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille, le juge compétent est le tribunal administratif de Marseille. La demande indemnitaire préalable est adressée à la direction de l’établissement.
Clinique privée
Pour une clinique, le litige relève du tribunal judiciaire ; pour une clinique marseillaise, le tribunal judiciaire de Marseille. Je peux plaider et postuler devant les tribunaux judiciaires du ressort de la cour d’appel d’Aix-en-Provence.
CCI Provence-Alpes-Côte d’Azur
La commission compétente est celle de la région des soins. Ses services sont situés à Lyon : 235 cours Lafayette, 69451 Lyon Cedex 06 (04 72 84 04 50, paca@commissions-crci.fr). Selon l’ONIAM, un avis est rendu en 12 mois en moyenne.
Chaque établissement dispose aussi d’une commission des usagers, qui examine les réclamations des patients. La saisir peut aider à obtenir des explications ou des pièces, mais elle n’indemnise pas et n’interrompt pas le délai pour agir. Je reçois les victimes au cabinet, 56 rue Paradis, à Marseille (6e).
Coordonnées de la CCI vérifiées sur le site de l’ONIAM le 27 octobre 2026.
Comment je vous accompagne
Analyser : reconstituer la chronologie, identifier l’établissement en cause, le germe et le payeur probable.
Prouver : obtenir les dossiers médicaux complets et les résultats bactériologiques.
Choisir la voie : CCI, référé-expertise devant le tribunal judiciaire ou administratif, demande préalable à l’hôpital.
Préparer l’expertise : avec un médecin de recours, en faisant désigner les spécialistes utiles.
Chiffrer et obtenir : poste par poste, par une transaction ou un jugement, avec une provision si nécessaire.
Un interlocuteur unique. Je suis personnellement votre dossier, de la première analyse au versement de l’indemnité. Je défends exclusivement des victimes, jamais des établissements de santé ni des assureurs. Le premier rendez-vous est gratuit ; dans de nombreux dossiers, l’honoraire fixe est adapté à votre protection juridique, complété d’un honoraire de résultat (voir les honoraires). Pour me joindre : 04 96 11 11 85 ou le formulaire de contact.
Questions fréquentes
Questions fréquentes sur l’infection nosocomiale
Faut-il prouver une faute d’hygiène de l’hôpital ou de la clinique ?
Non. L’établissement répond des infections nosocomiales sauf s’il prouve une cause étrangère. La victime doit établir le caractère nosocomial de l’infection et ses conséquences, pas une faute.
Combien de temps après une opération une infection peut-elle être nosocomiale ?
Il n’existe pas de délai légal unique. Les experts apprécient au cas par cas selon l’intervention, le germe et la présence d’un implant ; une infection sur prothèse peut apparaître plusieurs mois après l’opération.
L’établissement dit que le germe venait de ma propre peau : est-ce un obstacle ?
Pas nécessairement. Une infection due à un germe du patient peut être nosocomiale si elle a été acquise à l’occasion des soins. L’établissement doit prouver une cause étrangère ; une simple hypothèse ne suffit pas.
Qui paie si les séquelles sont importantes ?
Si l’infection entraîne une atteinte permanente supérieure à 25 % ou un décès, l’ONIAM indemnise au titre de la solidarité nationale. En dessous, c’est l’établissement et son assureur.
Quelle indemnisation après une infection nosocomiale ?
Il n’y a pas de forfait : chaque poste de préjudice est chiffré après l’expertise (souffrances, déficit temporaire et permanent, aide humaine, pertes de revenus, incidence professionnelle). Dans un dossier du cabinet jugé en 2026, la victime a obtenu environ 85 000 € pour un déficit permanent de 12 %.
Comment l’ONIAM indemnise-t-il une infection nosocomiale ?
L’ONIAM intervient lorsque l’infection entraîne une atteinte permanente supérieure à 25 % ou un décès. Après un avis de la CCI ou dans le cadre d’une procédure judiciaire, il fait une offre selon son propre référentiel ; cette offre peut être discutée et, si elle est insuffisante, refusée pour saisir le juge.
Quels sont les services les plus touchés par les infections nosocomiales ?
D’après l’enquête nationale de prévalence 2022 de Santé publique France, la réanimation (23,2 % des patients infectés), la chirurgie (7,8 %) et la médecine (6,8 %).
Quelles sont les infections nosocomiales les plus graves ?
La septicémie et le choc septique, l’endocardite, la spondylodiscite, la médiastinite après chirurgie cardiaque, la méningite post-opératoire et l’infection chronique sur prothèse. Ce sont souvent les dossiers où l’ONIAM devient le payeur.
Peut-on guérir d’une infection nosocomiale ?
Oui dans la plupart des cas, grâce aux antibiotiques et parfois à une reprise chirurgicale. La guérison n’efface pas le droit à indemnisation : hospitalisation prolongée, souffrances, arrêt de travail et aide des proches restent indemnisables.
En combien de temps l’hôpital doit-il me transmettre mon dossier médical ?
Dans les huit jours suivant la demande, ou dans les deux mois si les informations datent de plus de cinq ans ou si la commission des usagers est saisie (article L. 1111-7 du Code de la santé publique).
J’ai été infecté après des soins chez un médecin ou un dentiste en cabinet : suis-je indemnisé ?
Le professionnel libéral n’est pas soumis à la responsabilité sans faute des établissements : une faute doit en principe être démontrée, par exemple dans l’asepsie, la surveillance ou le traitement de l’infection. À défaut de faute, l’ONIAM peut indemniser au titre de l’aléa thérapeutique lorsque le dommage est anormal et atteint les seuils de gravité, notamment une atteinte permanente supérieure à 24 %.
Quel délai pour agir ?
Dix ans à compter de la consolidation. Mieux vaut toutefois agir tôt : les preuves bactériologiques se perdent et une provision peut être demandée avant la consolidation.
Vaut-il mieux saisir la CCI ou le tribunal ?
La CCI est gratuite mais réservée aux dommages d’une certaine gravité. Le tribunal permet d’obtenir rapidement une expertise et une provision. Le choix dépend de votre dossier et se discute dès le premier rendez-vous.
Mon proche est décédé d’une infection contractée à l’hôpital : que faire ?
L’ONIAM prend en charge l’indemnisation en cas de décès causé par une infection nosocomiale. Les proches peuvent obtenir réparation de leurs propres préjudices et des préjudices subis par la victime avant son décès.
Combien coûte un avocat pour une infection nosocomiale ?
Le premier rendez-vous est gratuit. Les honoraires sont fixés par une convention écrite : un honoraire fixe, souvent adapté à votre protection juridique, et un honoraire de résultat calculé sur les sommes obtenues.
Une infection après vos soins ? Faites analyser votre dossier
Maître Lionel SARFATI examine la chronologie, les prélèvements et la position de l’établissement, puis vous indique la voie la plus adaptée. Il vous reçoit au 56 rue Paradis, 13006 Marseille. Premier rendez-vous gratuit.
Sources : Code de la santé publique, articles L. 1111-7, L. 1142-1, L. 1142-1-1, L. 1142-21 et L. 1142-28, article D. 1142-1 ; Conseil d’État, 23 mars 2018, n° 402237 ; Cour de cassation, 1re chambre civile, 7 janvier 2026, n° 24-20.829 ; Santé publique France, enquête nationale de prévalence 2022 ; ONIAM, CCI Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les montants cités sont propres à chaque dossier et ne constituent ni un barème ni une promesse de résultat.