Maître Lionel SARFATI
Dommage corporel à Marseille
Défense exclusive des victimes
Accident entre un bus et une voiture : vos droits selon votre place
Un bus percute une voiture, ou l’inverse : qui est indemnisé, et par qui ? La réponse dépend presque entièrement de votre place au moment du choc. Passager du bus, passager de la voiture ou conducteur de la voiture — chaque situation obéit à des règles différentes. Voici, section par section, celles qui s’appliquent à la vôtre.
Rédigé par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011
La règle de principe : les passagers sont des victimes non conductrices
Dans une collision entre un bus et une voiture, les passagers des deux véhicules relèvent de l’article 3 de la loi du 5 juillet 1985. Leur faute personnelle ne peut réduire l’indemnisation de leurs atteintes corporelles que si elle est inexcusable et constitue la cause exclusive de l’accident ; la loi réserve aussi l’hypothèse où la victime a volontairement recherché son dommage. En pratique, les débats sur les fautes de conduite concernent surtout les conducteurs.
Concrètement, votre situation dépend donc de votre place au moment de la collision :
Vous étiez passager du bus
Protection de la victime non conductrice, sous les réserves prévues par la loi.
Voir vos droits →Vous étiez passager de la voiture
Même protection, mais avec deux assureurs à identifier et solliciter.
Voir vos droits →Vous conduisiez la voiture
Le seul cas où la répartition des responsabilités entre en jeu.
Voir vos droits →Vous étiez passager du bus
Si vous voyagiez à bord du bus au moment de la collision, la loi Badinter s’applique même si la voiture a provoqué le choc. En présence de plusieurs véhicules et assureurs, l’article 12 de la loi du 5 juillet 1985 prévoit que l’offre est présentée par l’assureur mandaté par les autres. Leur répartition interne ne modifie pas votre qualité de victime non conductrice.
Pour connaître l’ensemble de vos droits en tant que passager d’un bus, quelle que soit la cause de l’accident, consultez notre guide des accidents de bus et notre page dédiée à la loi Badinter appliquée aux transports en commun.
Vous étiez passager de la voiture
Occupant de la voiture — avant ou arrière, conducteur exclu — vous êtes une victime non conductrice au sens de l’article 3. La répartition des responsabilités entre conducteurs ne réduit pas, à elle seule, votre droit corporel ; demeurent les exceptions légales de la faute inexcusable cause exclusive et de la recherche volontaire du dommage.
Quel assureur solliciter en priorité ?
Les conducteurs, gardiens et assureurs des véhicules impliqués doivent être identifiés. La victime peut déclarer le sinistre à chacun d’eux ; les assureurs déterminent ensuite lequel présentera l’offre pour leur compte. Il n’est donc pas utile de choisir un assureur sur une appréciation supposée de sa solvabilité ou de sa réactivité.
La convention IRCA entre assureurs
Des conventions professionnelles peuvent organiser les relations entre assureurs. Elles ne modifient toutefois ni les droits que la victime tient de la loi ni les délais de l’offre prévus par l’article 12. Pour la victime, le point utile est d’obtenir l’identité de l’assureur chargé de formuler l’offre et de conserver la preuve de ses demandes.
Si votre dossier concerne un accident de la circulation « classique » plus que le seul volet transport en commun, notre guide de l’accident de la circulation à Marseille détaille l’ensemble des recours ouverts aux occupants d’un véhicule accidenté.
Vous conduisiez la voiture
Si vous conduisiez la voiture, l’article 4 de la loi du 5 juillet 1985 s’applique : une faute de conduite ayant contribué à la réalisation de votre propre dommage peut limiter ou exclure votre indemnisation. Cette faute n’a pas besoin d’être la cause exclusive de l’accident. Il appartient à celui qui l’invoque de la démontrer, et son incidence est appréciée sans comparer les fautes respectives des conducteurs.
Le partage de responsabilité
L’analyse des circonstances — vitesse, priorité, signalisation, manœuvres et lien causal avec les lésions — sert à déterminer si une faute du conducteur victime est caractérisée et, le cas échéant, si elle limite ou exclut son droit à indemnisation. Le juge apprécie cette incidence ; elle ne résulte pas automatiquement d’un barème de partage des torts entre conducteurs.
La priorité du bus en sortie d’arrêt
Un point technique revient souvent : l’article R. 412-11 du code de la route impose, en agglomération, de ralentir si nécessaire et, au besoin, de s’arrêter pour laisser les véhicules de transport en commun quitter les arrêts signalés comme tels. Il faut donc vérifier le lieu, la signalisation et la manœuvre exacte avant de conclure à une faute.
Pour l’ensemble des règles de responsabilité applicables aux conducteurs impliqués dans un accident de la circulation, voir notre guide sur l’indemnisation des accidents de la circulation.
Vous étiez piéton ou cycliste témoin-victime
Une collision entre un bus et une voiture peut aussi blesser un piéton ou un cycliste lors d’une manœuvre d’évitement. Cette victime non conductrice bénéficie de l’article 3 sans avoir à prouver la faute d’un conducteur, sous réserve des exceptions prévues par ce texte. L’implication du ou des véhicules et le lien avec les lésions doivent être établis. Pour approfondir ce cas de figure, voir notre page dédiée piéton renversé par un bus.
Deux assureurs se renvoient la balle : la parade
Le cas le plus fréquent de blocage, dans un dossier bus-voiture, n’est pas un refus d’indemnisation : c’est un désaccord entre les deux assureurs sur la répartition finale des responsabilités, chacun renvoyant la balle à l’autre pendant que le dossier de la victime prend du retard. La loi prévoit précisément une parade à cette situation.
L’offre unique obligatoire
En tant que victime non conductrice, vous n’avez pas à attendre que les assureurs se mettent d’accord entre eux : l’un d’eux doit vous faire une offre d’indemnisation dans les délais légaux, indépendamment du débat sur la répartition finale des responsabilités.
La mise en demeure
À défaut d’offre dans les délais, une mise en demeure formelle, adressée par votre avocat, rappelle à l’assureur défaillant ses obligations légales — et les sanctions financières auxquelles il s’expose en cas de retard injustifié.
Le référé-provision
Lorsque l’obligation n’est pas sérieusement contestable, le juge des référés peut accorder une provision à valoir sur l’indemnisation définitive. Son octroi et son montant dépendent des éléments déjà établis.
Situations types et évaluation du préjudice
Le droit à indemnisation dépend notamment de la qualité de conducteur ou de non-conducteur et des règles des articles 3 et 4 de la loi du 5 juillet 1985. Une fois ce droit déterminé, le montant dépend des conséquences personnelles du dommage — lésions, soins, gêne temporaire, séquelles, pertes de revenus ou besoin d’aide — évaluées poste par poste selon la nomenclature Dintilhac. Les situations ci-dessous résument le principe, sous réserve des exceptions légales et des faits du dossier :
Comprenez les critères d’évaluation de chaque poste de préjudice.
Passager ou conducteur, notre outil « Votre indemnisation » après consolidation explique les critères qui permettent d’examiner chaque poste de préjudice.
La procédure suit ensuite le même déroulement que tout dossier d’accident de bus : déclaration aux assureurs concernés, expertise médicale, chiffrage poste par poste, puis négociation ou, si nécessaire, contentieux. Le guide du déroulement d’un dossier d’indemnisation en précise chaque étape.
Questions fréquentes
Le bus n’a pas de tort : son assureur peut-il me refuser une indemnisation si j’étais passager du bus ?
L’absence de faute du conducteur du bus ne supprime pas votre droit en qualité de passager non conducteur. En présence de plusieurs véhicules, un assureur est mandaté pour présenter l’offre ; les recours ultérieurs entre assureurs ne modifient pas votre droit à réparation sous les réserves prévues par la loi.
La voiture qui a percuté le bus a pris la fuite : puis-je quand même être indemnisé ?
Oui, un recours reste envisageable. Le passager peut d’abord agir au titre de l’implication d’un véhicule identifié et assuré. Le FGAO peut intervenir, sous ses conditions légales et à titre subsidiaire, lorsque le responsable est inconnu ou non assuré et que le dommage n’est pas pris en charge à un autre titre.
Le conducteur du bus est en tort, mais le réseau est une régie publique : cela change-t-il quelque chose pour moi ?
Le caractère public de l’exploitant ne retire pas la protection de la loi Badinter. Pour un passager usager d’un service public industriel et commercial, le litige relève en principe du juge judiciaire. La compétence doit toutefois être vérifiée si la demande concerne un ouvrage public ou si la victime n’agissait pas comme usager du service.
Mon indemnisation traîne car les torts sont discutés entre les deux assureurs, que faire ?
En présence de plusieurs assureurs, l’un d’eux doit être mandaté pour présenter l’offre prévue par la loi. Une mise en demeure peut rappeler cette obligation. Une provision peut être demandée en référé si l’obligation n’est pas sérieusement contestable ; elle n’est pas automatique.
Blessé dans une collision entre un bus et une voiture ?
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