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Marseille — piéton renversé sur passage protégé

20 449 € après un piéton renversé sur un passage protégé à Marseille

Heurtée alors qu'elle traversait avec son enfant, Madame C. a obtenu de la MAAF la réparation intégrale de ses blessures et d'un stress post-traumatique objectivé par expertise.

Rédigé par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011

Résultat obtenu : 20 448,75 € (solde net) en réparation du préjudice corporel.

Voie : Référé puis protocole amiable, 2025 — Assureur : MAAF Assurances

Le cadre juridique applicable : la protection renforcée du piéton par la loi Badinter

Le piéton victime d'un accident impliquant un véhicule terrestre à moteur bénéficie du régime le plus protecteur prévu par la loi Badinter du 5 juillet 1985. Sauf faute inexcusable, cause exclusive de l'accident, un piéton conserve son droit à réparation intégrale de son préjudice corporel — y compris, dans de nombreux cas, lorsqu'il a lui-même commis une imprudence (traversée hors passage protégé, par exemple), la faute simple du piéton n'étant en principe pas opposable aux piétons les plus vulnérables (mineurs, personnes âgées de plus de 70 ans, personnes titulaires d'un taux d'incapacité égal ou supérieur à 80 %).

L'assureur du véhicule impliqué doit présenter une offre d'indemnisation dans le délai légal de huit mois (article L.211-9 du code des assurances), sous peine de doublement du taux de l'intérêt légal prévu à l'article L.211-13 en cas de retard ou d'offre manifestement insuffisante.

Les faits

Madame C. traversait un passage protégé à Marseille avec sa fille en poussette lorsqu'elle a été heurtée par un véhicule n'ayant pas cédé le passage, entraînant un traumatisme crânien sans perte de connaissance.

Le fond du droit : un préjudice psychique objectivé malgré une consolidation retardée

Le droit à indemnisation n'était pas contesté par la MAAF, et une provision a été obtenue dès le référé. L'expertise, avec l'appui d'un sapiteur psychiatre, a permis d'objectiver un syndrome de stress post-traumatique — la peur ressentie pour son enfant au moment du choc n'étant pas sans incidence sur la gravité du préjudice psychique retenu. La consolidation a été retardée à 18 mois, portant le déficit fonctionnel permanent à 6%.

Le résultat

Madame C. a obtenu un solde net de 20 448,75 € auprès de la MAAF.

Pourquoi un avis psychiatrique spécialisé était indispensable

Les radiographies réalisées après le choc ne montraient pas de fracture, mais cette absence de lésion osseuse ne résumait pas le dommage. Madame C. avait été renversée sur un passage protégé alors qu’elle poussait sa fille âgée d’un an et demi. Un sapiteur psychiatre a analysé la cinétique des troubles et fixé la consolidation dix-huit mois après l’accident, avec un déficit fonctionnel permanent psychique. Le cabinet a ainsi empêché qu’un dossier marqué par la peur pour l’enfant soit réduit aux seules constatations des urgences.

Les postes de préjudice indemnisables dans ce type de dossier

L'évaluation du préjudice corporel d'une victime repose en France sur la nomenclature Dintilhac, qui distingue les préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux, temporaires et permanents. Dans ce type de dossier, plusieurs postes doivent en principe être examinés poste par poste, sans confusion ni globalisation forfaitaire :

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) — la gêne dans les actes de la vie courante pendant la période de soins, jusqu'à la consolidation.
  • Déficit fonctionnel permanent (DFP / AIPP) — les séquelles définitives, exprimées en taux d'atteinte à l'intégrité physique et psychique.
  • Souffrances endurées (pretium doloris) — les douleurs physiques et morales supportées de l'accident à la consolidation.
  • Préjudice esthétique — temporaire et permanent, apprécié indépendamment du DFP.
  • Préjudice d'agrément — l'impossibilité ou la limitation de la pratique d'activités sportives ou de loisirs antérieures à l'accident.
  • Incidence professionnelle — la perte de chance professionnelle, la dévalorisation sur le marché du travail ou la pénibilité accrue au poste de travail.
  • Perte de gains professionnels futurs — lorsque les séquelles empêchent la reprise d'une activité identique ou équivalente.
  • Assistance par tierce personne — temporaire ou définitive, pour les actes de la vie quotidienne que la victime ne peut plus accomplir seule.
  • Préjudice de stress post-traumatique — reconnu au titre des souffrances endurées ou, selon les cas, d'un poste spécifique lorsqu'il est objectivé par l'expertise psychiatrique.

Chaque poste doit être chiffré individuellement, sur la base du rapport d'expertise médicale, des pièces justificatives produites par la victime et, le cas échéant, du référentiel indicatif de la Cour d'appel compétente. Une évaluation globale et non détaillée du préjudice constitue souvent un indice d'indemnisation insuffisante.

Pourquoi être assisté par Maître Lionel SARFATI, avocat en dommage corporel à Marseille

Maître Lionel SARFATI est avocat au Barreau de Marseille, spécialisé en droit du dommage corporel. Il intervient exclusivement pour la défense des victimes — jamais pour le compte des assureurs — dans les dossiers de type « accident piéton », à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône et plus largement en région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA). Cette pratique, centrée sur l'indemnisation des victimes de dommage corporel, lui permet de maîtriser à la fois les aspects juridiques, médicaux et assurantiels propres à ce type de dossier : lecture critique des rapports d'expertise, chiffrage des différents postes de préjudice selon la nomenclature Dintilhac, discussion technique avec les médecins-conseils des compagnies d'assurance, et négociation ou contentieux lorsque l'offre proposée est insuffisante.

Consulter un avocat spécialisé en dommage corporel dès les premières démarches permet à la victime d'éviter les pièges les plus fréquents : signer une transaction hâtive sur la base d'une offre sous-évaluée, se présenter seule à l'expertise médicale sans être assistée d'un médecin-conseil de victime, ou laisser expirer des délais qui conditionnent parfois le droit à indemnisation intégrale.

Résultat anonymisé, présenté avec l'accord du client et dans le respect de sa confidentialité. Les résultats passés ne préjugent pas de l'issue d'un autre dossier, chaque situation dépendant de circonstances de fait qui lui sont propres.

FAQ

Questions fréquentes

Le piéton bénéficie-t-il toujours du régime protecteur de la loi Badinter ?

Oui, sauf faute inexcusable cause exclusive de l'accident — une hypothèse rarissime. Un piéton renversé sur un passage protégé bénéficie d'un droit à indemnisation quasi automatique.

Peut-on indemniser un choc émotionnel lié à la peur pour un proche présent au moment de l'accident ?

Ce type de circonstance peut renforcer l'évaluation du préjudice psychique de la victime directe lors de l'expertise, sans ouvrir nécessairement un droit autonome au proche présent, sauf préjudice qui lui serait propre.

Un piéton traversant hors des clous peut-il tout de même être indemnisé ?

Oui, dans la grande majorité des cas. La loi Badinter protège fortement le piéton : seule une faute inexcusable, cause exclusive de l'accident, peut exclure ou réduire son droit à indemnisation — une notion appréciée strictement par les tribunaux.

Les enfants et les personnes âgées bénéficient-ils d'une protection particulière ?

Oui. Les mineurs, les personnes âgées de plus de 70 ans au moment de l'accident et les personnes titulaires d'un taux d'incapacité au moins égal à 80 % ne peuvent, sauf recherche volontaire du dommage, se voir opposer leur propre faute, quelle qu'elle soit.

Que faire si le conducteur a pris la fuite après avoir percuté un piéton ?

Le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages (FGAO) peut indemniser la victime lorsque le responsable n'a pas pu être identifié, selon une procédure spécifique que l'avocat peut engager pour le compte de la victime.

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