AccueilJurisprudence expliquéeL’assureur invoque une ancienne pathologie : peut-il réduire mon indemnisation ?
Décision judiciaire expliquée aux victimes

L’assureur invoque une ancienne pathologie : peut-il réduire mon indemnisation ?

Une pathologie antérieure ne réduit pas toujours l’indemnisation : prédisposition silencieuse, état symptomatique et preuve de l’imputabilité.

Par Maître Lionel SARFATI · Publié et vérifié le

Le cas de la maladie de Parkinson révélée après l’accident

La victime ne présentait avant l’accident ni tremblement ni invalidité liée à la maladie de Parkinson. Les experts considéraient que cette maladie n’était pas, en elle-même, d’origine traumatique. Elle constituait cependant un état antérieur méconnu, dont les effets ne s’étaient jamais manifestés. Il n’était pas possible de dire dans quel délai elle serait apparue sans l’accident.

La Cour de cassation a approuvé la réparation intégrale. Elle rappelle que le droit à indemnisation ne peut être réduit en raison d’une prédisposition pathologique lorsque l’affection qui en résulte n’a été provoquée ou révélée que par le fait dommageable. Ce principe empêche d’imputer à la victime une réduction fondée sur une maladie seulement latente.

Ce que cette décision ne dit pas

Elle ne signifie pas que tout antécédent médical est sans effet. Si la victime souffrait déjà de douleurs, d’une incapacité, d’un traitement lourd ou d’une limitation fonctionnelle, l’expert et le juge peuvent devoir distinguer l’état antérieur, son évolution prévisible et l’aggravation imputable au fait dommageable.

Il ne suffit pas non plus de qualifier une pathologie de « préexistante ». Il faut répondre à des questions concrètes : était-elle connue ? symptomatique ? invalidante ? aurait-elle évolué de façon certaine ou prévisible sans l’accident ? Quelles séquelles nouvelles sont directement reliées au dommage ?

Pourquoi l’état antérieur n’est pas calculé automatiquement

Le calculateur ne réduit aucune somme en fonction d’une case « état antérieur ». Une déduction automatique serait juridiquement dangereuse. Après le résultat, le visiteur peut seulement signaler que l’assureur invoque ce point et être orienté vers une analyse individualisée.

Comprendre l’état antérieur et l’imputabilitéEstimer les seuls postes chiffrés du rapport
Responsable éditorial : Maître Lionel SARFATI
Avocat au Barreau de Marseille, pratique exclusivement consacrée à la défense des victimes. Consulter la méthodologie du cabinet.

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