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Accident médical non fautif · CCI · ONIAM

Aléa thérapeutique : obtenir une indemnisation par l’ONIAM

Un accident médical non fautif peut, sous certaines conditions de gravité et d’anormalité, être indemnisé par l’ONIAM au titre de la solidarité nationale. Le dossier médical et l’expertise doivent établir que le dommage est imputable aux soins, qu’il ne résulte pas d’une faute et qu’il remplit les conditions propres à ce dispositif.

Rédigé par Maître Lionel SARFATI, avocat au Barreau de Marseille depuis 2011 · Mis à jour le · Présentation et liens actualisés le

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Sommaire de la page
  1. Aléa thérapeutique : être indemnisé même sans faute médicale
  2. Quand l’ONIAM peut-il intervenir ?
  3. Pourquoi l’absence de faute ne doit pas clore l’analyse
  4. Saisir la CCI ou le tribunal ?
  5. Quels préjudices peuvent être indemnisés ?
  6. Pourquoi un avocat distingue-t-il faute et aléa thérapeutique ?
  7. Aléa thérapeutique et ONIAM
  8. Une complication grave est survenue sans faute évidente ?
Accident médical non fautif

Aléa thérapeutique : être indemnisé même sans faute médicale

Une complication peut être directement liée à un acte de prévention, de diagnostic ou de soins sans qu’aucune faute technique ne soit retenue. Dans certaines situations graves et anormales, la solidarité nationale peut indemniser la victime par l’intermédiaire de l’ONIAM.

Attention : une complication connue n’est pas automatiquement un aléa indemnisable. L’expertise doit analyser l’imputabilité, l’absence de faute, l’anormalité des conséquences et le seuil de gravité.
Conditions cumulatives

Quand l’ONIAM peut-il intervenir ?

Un dommage directement imputable aux soins

Il faut distinguer les conséquences de l’acte de l’évolution spontanée de la maladie et de l’état antérieur. La chronologie seule ne suffit pas toujours.

Des conséquences anormales

La condition est remplie lorsque l’acte a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé, de manière suffisamment probable, sans traitement. À défaut, elle peut encore l’être si, dans les conditions propres à l’acte, la survenue d’un dommage d’une gravité comparable présentait une probabilité faible. Ce contrôle est individualisé : la seule rareté générale d’une complication ne tranche pas le dossier.

Un caractère de gravité

Le seuil réglementaire peut notamment être atteint par une atteinte permanente supérieure à 24 %, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou un déficit fonctionnel temporaire d’au moins 50 % pendant six mois consécutifs ou six mois non consécutifs sur douze mois, ou, à titre exceptionnel, par une inaptitude définitive à l’activité antérieure ou des troubles particulièrement graves, y compris économiques, dans les conditions d’existence.

Textes officiels : article L. 1142-1 et article D. 1142-1 du Code de la santé publique.

Expertise

Pourquoi l’absence de faute ne doit pas clore l’analyse

Un premier avis médical peut conclure qu’aucun geste fautif n’est démontré. Il faut alors vérifier expressément si les critères de la solidarité nationale sont réunis. L’expertise doit répondre séparément à la faute, à l’infection nosocomiale, à l’accident non fautif et au défaut d’information.

Une faute partielle peut coexister avec un aléa : retard de prise en charge d’une complication, surveillance insuffisante ou information défaillante. La répartition entre assureur et ONIAM dépend alors de l’imputabilité de chaque conséquence.

Procédure

Saisir la CCI ou le tribunal ?

La CCI offre une voie amiable sans frais de saisine lorsque les critères de gravité paraissent atteints. Elle organise généralement une expertise puis rend un avis sur le fondement et le payeur. La voie juridictionnelle reste possible selon la stratégie, l’urgence, les contestations et la nature publique ou privée de la prise en charge.

  1. obtenir le dossier médical complet ;
  2. faire établir une chronologie ;
  3. vérifier les seuils avant la saisine ;
  4. préparer l’expertise avec un médecin-conseil de victime ;
  5. contrôler l’offre poste par poste.
Réparation

Quels préjudices peuvent être indemnisés ?

Lorsque les conditions sont réunies, l’offre doit réparer les conséquences imputables : déficit fonctionnel temporaire et permanent, souffrances, aide humaine, dépenses de santé, pertes professionnelles, incidence professionnelle, aménagements, préjudices d’agrément, esthétique, sexuel et d’établissement, ainsi que les préjudices des proches selon la situation.

Accompagnement de la victime

Pourquoi un avocat distingue-t-il faute et aléa thérapeutique ?

Cette qualification détermine le débiteur, les conditions de gravité, la mission d’expertise et l’orientation vers la CCI, l’ONIAM ou la juridiction compétente.

Cette analyse complète la page de référence sur l’accident médical.

FAQ

Aléa thérapeutique et ONIAM

Faut-il prouver une faute ?

Non pour la solidarité nationale, mais il faut démontrer l’imputabilité, l’anormalité et la gravité prévues par la loi.

Toute complication est-elle indemnisée ?

Non. Une complication connue doit encore répondre aux conditions légales et réglementaires.

Le seuil est-il toujours de 24 % ?

Non. Le critère permanent est un taux supérieur à 24 %, mais les durées d’arrêt professionnel ou de DFT, l’inaptitude définitive et des troubles particulièrement graves peuvent aussi caractériser la gravité.

Qui paie ?

L’ONIAM intervient au titre de la solidarité nationale lorsque les conditions de l’accident non fautif sont réunies.

La CCI est-elle obligatoire ?

Non, mais elle constitue souvent une voie amiable utile lorsque les seuils paraissent atteints.

Une faute et un aléa peuvent-ils coexister ?

Oui. L’expertise doit alors éclairer la part des conséquences imputable à chacun ; la CCI ou le juge qualifie juridiquement les responsabilités.

Une complication grave est survenue sans faute évidente ?

Faites vérifier les critères d’intervention de l’ONIAM.

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