AccueilJurisprudence expliquéePuis-je être indemnisé si je continue encore un peu mon sport ?
Décision judiciaire expliquée aux victimes

Puis-je être indemnisé si je continue encore un peu mon sport ?

Continuer partiellement un sport n’exclut pas toujours l’indemnisation : décision du 16 mars 2023, preuves et limites.

Par Maître Lionel SARFATI · Publié et vérifié le

Pourquoi cette décision est-elle contre-intuitive ?

Une victime peut continuer à faire quelques sorties à vélo, jouer occasionnellement d’un instrument ou pratiquer un sport avec une intensité moindre. Elle entend alors parfois que l’activité n’étant pas totalement arrêtée, aucun préjudice d’agrément ne pourrait être retenu. La Cour de cassation rappelle au contraire que ce poste inclut la limitation de la pratique antérieure.

Dans l’affaire jugée le 16 mars 2023, la cour d’appel avait indemnisé une limitation générale des loisirs et une perte de motivation liée à l’effort physique. La cassation est intervenue parce que les juges n’avaient pas recherché si la victime justifiait d’une activité sportive ou de loisirs spécifique avant la maladie. L’arrêt affirme donc deux idées simultanées : la limitation peut suffire, mais une gêne générale et non documentée ne suffit pas.

Ce qu’une victime doit démontrer

La comparaison porte sur l’avant et l’après. La victime doit identifier l’activité, sa fréquence, son niveau et sa place dans son mode de vie. Elle doit ensuite expliquer comment les séquelles ont conduit à un arrêt, une réduction, une adaptation ou une pratique devenue douloureuse et moins régulière.

Le calculateur peut-il chiffrer ce poste ?

Non. Le préjudice d’agrément est volontairement exclu du calcul automatique. Son existence et sa valeur dépendent trop fortement de la pratique antérieure, de l’âge, de l’intensité de la limitation et de la qualité des justificatifs. Une case après le résultat signale seulement que le sous-total affiché ne couvre pas ce point.

Comprendre le préjudice d’agrémentContrôler les postes après expertise
Responsable éditorial : Maître Lionel SARFATI
Avocat au Barreau de Marseille, pratique exclusivement consacrée à la défense des victimes. Consulter la méthodologie du cabinet.

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